Plus de 3,5 milliards de dollars (environ 3,2 milliards d’euros) de prêts ont déjà été approuvés en deux mois pour soutenir les éleveurs argentins, grâce à une nouvelle ligne de crédit lancée conjointement par le Secrétariat de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche et la BICE (Banque d’Investissement et de Commerce Extérieur). L’objectif est de renforcer le secteur en encourageant l’augmentation des troupeaux et l’amélioration des pratiques agricoles.
Cette initiative financière vise principalement deux objectifs : l’acquisition de génisses pleines ou en gestation, permettant d’accroître le nombre de femelles reproductrices jusqu’à 30 % du cheptel déclaré, et la conservation de veaux destinés à devenir de futures mères, représentant jusqu’à 20 % du cheptel. En outre, les fonds peuvent être utilisés pour financer le fonds de roulement lié aux investissements dans les pâturages, la fertilisation des champs et les technologies fourragères, jusqu’à hauteur de 20 % supplémentaires.
À ce stade, les crédits ont été accordés à des producteurs situés dans les provinces de Buenos Aires, Córdoba, Santa Fe et La Pampa. La BICE continue d’examiner les demandes provenant d’autres régions du pays.
Un aspect distinctif de cet outil de financement réside dans la fixation des frais en kilos de bœuf et leur paiement en pesos argentins en fonction de l’indice du marché du bétail (INMAG). Cette méthode garantit que le volume de production associé au remboursement du prêt reste constant, offrant ainsi une prévisibilité aux éleveurs.
Les prêts sont indexés sur l’UVA (Unité de Valeur Ajustable) avec un taux fixe de 8 %. Le montant maximal disponible par entreprise est de 800 millions de dollars (environ 735 millions d’euros), avec une durée de remboursement flexible pouvant aller jusqu’à 60 mois. Cette durée peut être ajustée en fonction de l’évolution du prix du kilo INMAG : une augmentation du prix entraîne un remboursement anticipé, tandis qu’une baisse permet une prolongation allant jusqu’à 84 mois, sans modification du nombre de kilos convenu par mois. Un délai de grâce allant jusqu’à six mois est également prévu.
Pour être éligibles, les entreprises doivent être des PME (petites et moyennes entreprises) dédiées à l’élevage, au cycle complet ou à l’élevage de bovins de boucherie. Elles doivent également être inscrites au Registre National Sanitaire des Producteurs Agricoles (RENSPA) et, pour les personnes morales, fournir une garantie SGR ou un fonds de garantie agréé par la BICE. Enfin, elles doivent justifier d’au moins cinq ans d’activité, prouvés par des documents officiels (SENASA, ARCA) ou comptables.
Ces mesures s’inscrivent dans un contexte de développement positif pour le secteur de l’élevage. Entre janvier et septembre 2025, le poids moyen d’abattage en carcasse bovine a augmenté de 1,21 % par rapport à la même période en 2024, soit une progression de 2,8 kilos. La production a également connu une hausse de 0,61 % en tonnes de carcasse bovine entre janvier et septembre 2025, par rapport à 2024.
Par ailleurs, les exportations de viande bovine ont généré un revenu de 2 256 millions de dollars (environ 2 075 millions d’euros) entre janvier et août, soit une augmentation de 23,7 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le prix du bœuf en dollars par kilo vif a progressé de 15,8 % en septembre 2025, par rapport à septembre 2024.
Ces chiffres confirment que l’élevage, à l’instar des secteurs du porc, du mouton, de la volaille, des céréales, des poires et des pommes, contribue à l’amélioration générale de l’économie argentine, notamment en termes de prix.
