Home Mondedes fuites, des navires fantômes et un amiral à la retraite

des fuites, des navires fantômes et un amiral à la retraite

by Clara Dubois

Publié le 27 octobre 2023 10:30:00. L’administration américaine semble privilégier une stratégie de pression à long terme envers le Venezuela, marquée par des démonstrations de force et des révélations contrôlées, évoquant les méthodes de la Guerre froide. Washington multiplie les signaux, entre déploiement militaire et accusations, sans pour autant annoncer une intervention directe.

  • Les États-Unis accusent Nicolás Maduro d’être impliqué dans le trafic de drogue, justifiant ainsi une intervention de la CIA dans la région.
  • Des informations sur le déploiement de moyens militaires américains au large des côtes vénézuéliennes ont été divulguées, notamment via des outils de suivi aérien accessibles au public.
  • Le départ inattendu de l’amiral Alvin Holsey, commandant en chef du Commandement Sud, intervient alors que la tension monte.

L’escalade actuelle entre Washington et Caracas se déroule à un rythme lent, mais constant. L’administration Trump semble jouer sur la transparence et l’opacité, laissant filtrer des informations sur des opérations militaires et des contacts avec le régime vénézuélien, tout en maintenant un certain flou artistique. Donald Trump a d’ailleurs confirmé le retour de la CIA dans la région, une annonce qui contraste avec le secret habituel entourant les opérations de l’agence.

« C’est assez drôle parce que dans le passé, pendant la Guerre froide, les interventions de la CIA en Amérique latine étaient secrètes. Il s’agissait de maintenir un déni plausible de l’implication américaine. Il n’est pas très clair quel est l’aspect secret ici si le président le reconnaît ouvertement. »

Michelle Paranzino, professeure agrégée de stratégie et de politique au Collège naval militaire américain et experte de l’Amérique latine

Selon Trump, l’intervention de la CIA est motivée par des accusations de trafic de drogue à l’encontre de Nicolás Maduro, le régime vénézuélien étant soupçonné d’avoir libéré des prisonniers pour les envoyer aux États-Unis. Parallèlement, des images et des informations sur un navire militaire américain, le MV Ocean Trader, ont circulé, présenté comme un « navire fantôme » capable de se déguiser en navire marchand. Selon le site spécialisé Task&Purpose, ce navire aurait la capacité de « s’imiter » pour passer inaperçu.

Les analystes du site de sécurité et de stratégie Stimson, Evan Cooper et Alessandro Perri, estiment que les États-Unis disposent de trois options : poursuivre les attaques contre des navires dans les Caraïbes, mener des attaques spécifiques au Venezuela, ou lancer une invasion du pays dans le but de changer de régime. Ils jugent toutefois ces trois options « mauvaises », compte tenu du passé interventionniste des États-Unis en Amérique latine.

La stratégie américaine semble s’inscrire dans la doctrine du « respect » prônée par Trump, un concept ambigu qui a déjà servi de justification à des actions militaires, comme l’attaque contre l’Iran aux côtés d’Israël. Selon Michelle Paranzino, l’objectif pourrait être de provoquer la démission de Maduro sans recourir à une intervention militaire à grande échelle.

« Je pense qu’il serait rationnel ou raisonnable de supposer que l’objectif est de faire démissionner Maduro sans avoir à procéder à une intervention militaire complète pour le destituer. »

Michelle Paranzino, professeure agrégée de stratégie et de politique au Collège naval militaire américain et experte de l’Amérique latine

La lenteur délibérée de l’administration américaine a conduit à des événements inattendus, comme l’annonce ce vendredi du départ à la retraite de l’amiral Alvin Holsey, commandant en chef du Commandement Sud, après seulement un an en poste et plus de trois décennies de service. Le secrétaire Peter Hegseth a salué son service sur le réseau social X.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.