Home SantéDes mesures directes confirment que des planètes de la taille de Saturne se déplacent librement dans la Voie lactée

Des mesures directes confirment que des planètes de la taille de Saturne se déplacent librement dans la Voie lactée

by Sophie Martin

Publié le 4 janvier 2026. Des astronomes ont pour la première fois confirmé l’existence d’une planète errante, c’est-à-dire un monde isolé flottant dans l’espace sans étoile hôte, dans notre galaxie, la Voie lactée. Cette découverte, rendue possible grâce à une nouvelle technique de mesure, ouvre une fenêtre inédite sur la formation et l’évolution des systèmes planétaires.

  • Pour la première fois, la masse d’une planète candidate a été mesurée directement, et non estimée.
  • L’objet découvert possède une masse comparable à celle de Saturne (environ 22 % de la masse de Jupiter).
  • Cette découverte renforce l’hypothèse selon laquelle de nombreuses exoplanètes sont éjectées de leur système solaire d’origine.

Jusqu’à présent, une douzaine d’objets avaient été identifiés comme des « planètes voyou », mais ces identifications reposaient sur des estimations. Une équipe internationale de chercheurs a désormais pu mesurer directement la masse de cet objet céleste grâce à une combinaison d’observations terrestres et spatiales, publiant leurs résultats dans la revue Science.

La détection de ces planètes isolées est un défi majeur, car elles émettent très peu de lumière et ne sont pas en orbite autour d’une étoile. Les astronomes ont recours à une technique appelée microlentille gravitationnelle, qui se produit lorsqu’un objet passe devant une étoile lointaine, amplifiant temporairement sa lumière en raison de la gravité. Ces événements lumineux, qui durent de quelques heures à quelques jours, sont les seuls indices permettant de détecter ces mondes solitaires.

« Pour la première fois, nous disposons d’une mesure directe de la masse d’une planète candidate, plutôt qu’une simple estimation statistique approximative. Nous savons avec certitude qu’il s’agit d’une planète. »

Subo Dong, professeur d’astronomie à l’Université de Pékin

La percée récente a été rendue possible par un événement de microlentille survenu en mai 2024. Des observatoires au sol ont détecté une brève augmentation de la lumière provenant d’une étoile, tandis que la sonde spatiale Gaia de l’Agence spatiale européenne (ESA), située à environ 1 million de kilomètres de la Terre, a également observé le même phénomène. La combinaison de ces deux points de vue a permis de mesurer la parallaxe des microlentilles, un effet similaire à la perception de la profondeur humaine.

Cette mesure de parallaxe a permis de déterminer la distance de l’objet, et donc sa masse, de manière indépendante. L’équipe a ainsi pu confirmer que l’objet possède une masse d’environ 22 % de celle de Jupiter et se trouve à environ 9 800 années-lumière de la Terre. L’absence d’étoile hôte dans les données renforce l’idée qu’il s’agit bien d’une planète errante.

Selon les chercheurs, la masse relativement faible de cet objet suggère qu’il s’est probablement formé à l’intérieur d’un disque protoplanétaire autour d’une étoile avant d’être éjecté, potentiellement à la suite d’une collision ou d’une interaction gravitationnelle avec d’autres planètes. L’expulsion planétaire semble donc être un processus courant dans la formation des systèmes planétaires.

Les futures missions, notamment le télescope spatial romain Nancy Grace de la NASA, devraient permettre de découvrir un grand nombre de planètes voyou et de mieux comprendre leur fréquence et leur origine. Si ces mondes sont effectivement abondants, cela pourrait signifier que les systèmes solaires en développement perdent systématiquement une ou deux planètes au cours de leur évolution.

« Jusqu’à présent, nous n’avons qu’un aperçu de cette population émergente de mondes errants et de la lumière qu’ils peuvent jeter sur la formation des objets dans les systèmes planétaires de l’univers. »

Subo Dong, professeur d’astronomie à l’Université de Pékin

L’équipe éditoriale de Mureks souligne que le décalage horaire d’environ deux heures entre la détection de l’événement par les télescopes terrestres et par Gaia a été crucial pour déterminer la distance et la masse de l’objet.

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