Home SantéDes milliers de nouvelles mères en Angleterre sont réadmises à l’hôpital après la naissance, selon les chiffres | Accouchement

Des milliers de nouvelles mères en Angleterre sont réadmises à l’hôpital après la naissance, selon les chiffres | Accouchement

by Sophie Martin

Publié le 18 octobre 2025 à 07h31. L’augmentation inquiétante des réadmissions en maternité et des complications liées à l’accouchement en Angleterre met en lumière les difficultés persistantes du système de santé britannique (NHS) et suscite des critiques quant à la qualité des soins prodigués aux nouvelles mères.

  • Près de 15 000 nouvelles mères ont dû être réhospitalisées dans les 30 jours suivant leur accouchement au cours des 12 derniers mois, soit en moyenne 40 par jour.
  • Une déchirure périnéale sévère (de troisième ou quatrième degré) touche désormais près de 3 % des femmes accouchant en Angleterre, un chiffre en hausse de 16 % depuis 2020.
  • Des coupes budgétaires prévues dans les fonds dédiés à l’amélioration des services de maternité sont vivement critiquées par l’opposition et les professionnels de santé.

Les chiffres alarmants, publiés récemment, révèlent une pression croissante sur les maternités anglaises et soulèvent des questions sur la capacité du NHS à assurer des soins adéquats aux femmes pendant et après la grossesse. Si les raisons précises des réadmissions ne sont pas systématiquement enregistrées, l’augmentation des cas est perçue comme un indicateur de problèmes plus profonds.

Au total, 14 630 nouvelles mères ont été réadmises à l’hôpital dans les 30 jours suivant leur naissance au cours de l’année écoulée. Au cours du dernier trimestre disponible (avril à juin 2025), une femme sur 20 a dû retourner à l’hôpital peu après son congé. Ces réadmissions peuvent être liées à des hémorragies post-partum, des infections ou d’autres complications survenant dans les semaines qui suivent l’accouchement. Elles augmentent également le risque que des problèmes liés à l’accouchement soient négligés, retardant potentiellement la guérison.

Parallèlement, les données montrent une augmentation significative des déchirures périnéales sévères, qui endommagent le sphincter anal et peuvent entraîner des douleurs chroniques, des traumatismes psychologiques et de l’incontinence. Le nombre de femmes souffrant de ces déchirures (de troisième ou quatrième degré) est passé de 25 pour 1 000 accouchements en juin 2020 à 29 pour 1 000 en juin 2025, soit une hausse de 16 %. Ces blessures peuvent avoir un impact « bouleversant » sur la santé physique et mentale des femmes, et même provoquer un trouble de stress post-traumatique.

Helen Morgan, porte-parole libérale-démocrate pour la santé, qui a obtenu ces chiffres auprès de la bibliothèque de la Chambre des communes, a dénoncé une situation « déchirante ».

« Derrière ces chiffres se cachent des histoires déchirantes de femmes souffrant d’un traumatisme inimaginable à un moment qui devrait être plein de joie. »

Helen Morgan, porte-parole libérale-démocrate pour la santé

Elle a également critiqué le Parti travailliste pour sa décision de réduire de 95 millions de livres sterling à 2 millions de livres sterling le financement du Fonds de développement des services nationaux (FDSN) dédié aux services de maternité entre 2024 et 2026. Ce fonds avait été créé à la suite de l’examen Ockenden, qui avait mis en évidence de graves lacunes dans les soins de maternité à Shrewsbury et Telford et visait à améliorer la qualité des soins.

Le Guardian avait déjà rapporté vendredi que les femmes enceintes en Angleterre étaient confrontées à un risque croissant de subir des blessures graves lors de l’accouchement. Ces préoccupations ont conduit Wes Streeting, le secrétaire à la Santé, à lancer une enquête sur les soins de maternité et néonatals et à mettre en place un groupe de travail chargé de formuler des recommandations pour améliorer la situation.

Les professionnels de santé insistent sur la nécessité de réaliser des « contrôles approfondis » de chaque nouvelle mère avant son retour à domicile. Le professeur Asma Khalil, obstétricienne consultante et vice-présidente du Collège royal des obstétriciens et gynécologues, a souligné que les réadmissions maternelles peuvent avoir diverses causes, notamment des hémorragies post-partum, des infections ou des complications tardives.

« Nous assistons également à des grossesses plus complexes, qui peuvent entraîner un risque plus élevé de complications avant et après l’accouchement. Les professionnels de santé doivent être conscients des facteurs qui peuvent augmenter le risque de réadmission d’une femme et adopter une approche holistique et centrée sur la personne en matière de soins postnatals, en veillant à ce que des contrôles approfondis soient effectués avant la sortie. »

Professeur Asma Khalil, obstétricienne consultante et vice-présidente du Collège royal des obstétriciens et gynécologues

Un porte-parole du ministère de la Santé et des Affaires sociales a reconnu que l’accouchement pouvait être un moment exceptionnel dans la vie d’une femme, mais que les blessures, notamment les déchirures périnéales, pouvaient être profondément traumatisantes. Il a affirmé que le gouvernement avait hérité d’un système de soins de maternité défaillant et qu’il avait lancé une enquête nationale, mis en place un groupe de travail et continué à développer des services de santé pelvienne périnatale pour réduire les taux de déchirures. Il a également démenti les allégations de coupes budgétaires, affirmant que le financement global avait augmenté de 26 milliards de livres sterling et que les systèmes locaux du NHS avaient la liberté de dépenser les fonds en fonction des besoins de leur communauté.

Les dirigeants médicaux appellent à une amélioration des ressources et de la formation du personnel soignant pour garantir des soins sûrs et personnalisés à chaque mère et chaque bébé.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.