Publié le 24 février 2024. Le représentant spécial des États-Unis pour l’Ukraine, Keith Kellogg, va quitter son poste en janvier, laissant un vide dans la défense des intérêts ukrainiens au sein de l’administration Trump, alors que Kiev fait face à une escalade du conflit et à des désaccords sur les plans de paix.
- Keith Kellogg, un fervent défenseur de l’Ukraine à Washington, démissionne de son poste d’envoyé spécial.
- Son départ intervient à un moment critique pour Kiev, confrontée à des difficultés militaires et à une crise de corruption.
- Des tensions existent entre Kellogg et l’envoyé américain pour la paix, Steve Witkoff, concernant un nouveau plan de paix jugé trop favorable à la Russie.
L’Ukraine perd un allié de poids à la Maison Blanche avec le départ de Keith Kellogg, l’envoyé spécial du président Donald Trump. Le général de division à la retraite, connu pour son soutien sans faille à Kiev, quittera ses fonctions en janvier, selon des informations confirmées par la Maison Blanche au Kyiv Independent et rapportées initialement par l’agence Reuters. Kellogg avait initialement été nommé représentant spécial pour l’Ukraine et la Russie, mais son rôle s’était ensuite concentré exclusivement sur l’Ukraine.
Ce départ survient alors que l’Ukraine est confrontée à une situation de plus en plus précaire sur le champ de bataille, avec une intensification des attaques russes et une crise de corruption interne. Les diplomates européens considéraient Kellogg comme une voix attentive au sein d’une administration parfois encline à adopter le point de vue de Moscou sur les origines de la guerre. Il a notamment contribué à la libération de dizaines de prisonniers politiques en Biélorussie.
Selon plusieurs sources, Kellogg aurait eu des désaccords avec Steve Witkoff, l’envoyé américain pour la paix. Witkoff propose actuellement un nouveau plan de paix qui, selon le Financial Times, s’alignerait largement sur les exigences russes. Ce plan impliquerait l’évacuation complète des zones contestées de Donetsk et de Louhansk par l’Ukraine, ainsi qu’une réduction de moitié de la taille de son armée.
Donald Trump avait déjà évoqué la possibilité d’un retrait militaire ukrainien de ces territoires, qualifiant cela d’échange de terres. Cependant, ces dernières semaines, il a exprimé sa déception face au manque de volonté de Vladimir Poutine de négocier. Trump a temporairement annulé un second sommet prévu à Budapest et a imposé des sanctions à Rosneft et Lukoil, deux importants exportateurs de pétrole russes.
Le Kremlin s’était opposé à la participation de Kellogg aux pourparlers de paix, le jugeant trop favorable à l’Ukraine. Son rôle dans les efforts de paix a donc été marginalisé au profit de Witkoff, un magnat de l’immobilier et un proche allié de Trump, dépourvu d’expérience en politique étrangère ou militaire. Witkoff a d’ailleurs tenu des propos étonnamment positifs à l’égard de Vladimir Poutine, affirmant notamment qu’il ne le considérait pas comme un «méchant».
Quelle: ntv.de, ghö/rts
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