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Des scientifiques découvrent un médicament immunitaire qui pourrait stopper la propagation mortelle du cancer de la peau

Publié le 20 octobre 2025 15h16. Une nouvelle étude clinique apporte l'espoir aux patients atteints d'un cancer de la peau rare et agressif, le carcinome à cellules de Merkel, en suggérant qu'un traitement immunitaire post-opératoire peut limiter la…

Des scientifiques découvrent un médicament immunitaire qui pourrait stopper la propagation mortelle du cancer de la peau

Publié le 20 octobre 2025 15h16. Une nouvelle étude clinique apporte l’espoir aux patients atteints d’un cancer de la peau rare et agressif, le carcinome à cellules de Merkel, en suggérant qu’un traitement immunitaire post-opératoire peut limiter la propagation de la maladie.

  • Un essai clinique de phase 3, appelé STAMP, a montré que le pembrolizumab réduit significativement le risque de métastases à distance chez les patients.
  • Bien que l’impact sur la survie globale soit encore en cours d’évaluation, les résultats préliminaires sont encourageants pour cette forme de cancer particulièrement virulente.
  • Cette recherche, menée à grande échelle grâce à une collaboration nationale, souligne l’importance des études sur les maladies rares.

Le carcinome à cellules de Merkel, un cancer de la peau rare qui touche environ trois personnes sur un million chaque année, est connu pour sa progression rapide et son taux de survie à cinq ans inférieur à 50 %. Il se manifeste souvent par une masse ferme et indolore sur les zones exposées au soleil. Une intervention chirurgicale pour retirer la tumeur est le traitement initial, mais le risque de récidive, notamment par métastases, demeure une préoccupation majeure.

L’essai STAMP (EA6174), qui a recruté 293 patients entre 2018 et 2023 ayant subi une ablation chirurgicale de leur tumeur, a évalué l’efficacité du pembrolizumab, un médicament qui stimule le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et détruise les cellules cancéreuses. Les participants ont été répartis aléatoirement : 147 ont reçu des perfusions de pembrolizumab après la chirurgie, tandis que 146 ont été suivis sans traitement médicamenteux supplémentaire. Certains patients ont également bénéficié d’une radiothérapie complémentaire, selon la recommandation de leur médecin.

Après deux ans de suivi, 73 % des patients ayant reçu du pembrolizumab étaient indemnes de cancer, contre 66 % dans le groupe témoin. Bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative, l’analyse a révélé que les patients traités par pembrolizumab présentaient une réduction de 42 % du risque de développer des métastases à distance, c’est-à-dire une propagation du cancer vers des organes tels que le foie, les poumons ou les os.

« L’essai STAMP fournit la première preuve que l’immunothérapie avec le pembrolizumab après une intervention chirurgicale peut aider les personnes atteintes d’un carcinome à cellules de Merkel en empêchant leur cancer de réapparaître dans des organes considérés comme éloignés du site de la maladie d’origine », a déclaré la Dre Janice M. Mehnert, investigatrice principale de l’étude et coprésidente du comité sur le mélanome de l’ECOG-ACRIN.

« C’est une bonne nouvelle indispensable pour les personnes qui vivent avec un cancer très agressif qu’est le carcinome à cellules de Merkel. »

Janice M. Mehnert, MD, coprésidente du comité sur le mélanome ECOG-ACRIN et directrice du mélanome et de l’oncologie médicale cutanée au Perlmutter Cancer Center de NYU Langone Health

Le pembrolizumab appartient à une classe d’immunothérapies appelées inhibiteurs de PD-1. Il agit en bloquant le récepteur PD-1, une protéine que les cellules cancéreuses exploitent pour échapper à la surveillance du système immunitaire. En neutralisant ce mécanisme, le pembrolizumab permet aux cellules immunitaires de cibler et de détruire plus efficacement les cellules tumorales. Ce médicament, commercialisé sous le nom de KEYTRUDA, est déjà approuvé par la Food and Drug Administration américaine pour le traitement du carcinome à cellules de Merkel localement avancé ou métastatique récurrent. Food and Drug Administration

Les données concernant la survie globale, autre critère d’évaluation principal de l’essai STAMP, sont encore en cours d’analyse et seront présentées ultérieurement. La Dre Mehnert présentera les résultats de l’essai au congrès 2025 de la Société européenne d’oncologie médicale (ESMO), le lundi 20 octobre à Berlin, en Allemagne. Société européenne d’oncologie médicale (ESMO)

La réussite de l’essai STAMP est le fruit d’une collaboration à grande échelle, rendue possible grâce au soutien du National Cancer Institute (NCI), qui fait partie des National Institutes of Health (NIH). L’ECOG-ACRIN a mené l’essai par l’intermédiaire du réseau national d’essais cliniques du NCI, impliquant plus de 500 hôpitaux et centres de cancérologie à travers les États-Unis. National Cancer Institute National Institutes of Health

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.