Home AffairesDeux sociétés de matières premières basées à Genève s’apprêtent à vendre le pétrole du Venezuela – Actualités

Deux sociétés de matières premières basées à Genève s’apprêtent à vendre le pétrole du Venezuela – Actualités

by Amélie Bernard

Publié le 10 janvier 2026 à 17h45. Le gouvernement américain a fait appel à deux entreprises de négoce pétrolier genevoises, Vitol et Trafigura, pour vendre du pétrole vénézuélien dans le cadre d’une initiative visant à augmenter l’offre sur le marché mondial.

  • Donald Trump a sollicité l’aide de sociétés pétrolières lors d’une réunion à la Maison Blanche concernant les réserves vénézuéliennes.
  • Vitol et Trafigura sont chargées de commercialiser et d’exporter du pétrole actuellement stocké au Venezuela.
  • Cette opération intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de volonté de l’administration américaine d’influencer les prix du pétrole.

Washington mise sur l’expertise de ces deux géants du commerce de matières premières pour débloquer des quantités significatives de pétrole vénézuélien. Le gouvernement américain estime que 30 à 50 millions de barils pourraient être vendus, ce qui représente un volume considérable compte tenu de la production actuelle du Venezuela, qui avoisine les 1 million de barils par jour (selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, OPEP). À son apogée, le Venezuela produisait plus de 3,5 millions de barils par jour.

Vitol, fondée à Rotterdam en 1966 et implantée en Suisse depuis la fin des années 1960, est un groupe mondial de matières premières comptant environ 1 800 collaborateurs. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 330 milliards de dollars en 2024 et opère une flotte de plus de 50 navires. Trafigura, bien que plus petite, est également un acteur majeur du secteur, avec environ 14 500 employés à travers le monde et un chiffre d’affaires d’environ 240 milliards de dollars en 2024, pour un bénéfice de près de trois milliards de dollars. Son département commercial est basé à Genève, et elle dispose d’une importante flotte logistique, comprenant environ 220 pétroliers et gaziers en 2024.

Les deux entreprises ont annoncé dans un communiqué commun avoir été mandatées par le gouvernement américain pour vendre et exporter du pétrole vénézuélien. Elles devront désormais trouver des acheteurs et organiser le transport de ce pétrole, une tâche complexe qui nécessite une expertise logistique pointue. Vitol et Trafigura n’ont pas souhaité fournir de détails supplémentaires sur les modalités de cette opération.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de relations tendues entre les États-Unis et le Venezuela. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, mais sa production a considérablement diminué ces dernières années en raison de crises économiques et politiques.

L’implication de sociétés suisses dans le dossier pétrolier vénézuélien n’est pas sans rappeler des épisodes controversés du passé. Dans les années 2000, des fonds importants provenant de la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne PDVSA ont transité par des banques suisses, soulevant des questions sur leur origine et le respect des réglementations en matière de blanchiment d’argent. L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a sanctionné plusieurs établissements financiers en 2020 et 2021 pour des manquements à la réglementation, notamment la Banque Julius Baer, pour des lacunes systématiques dans la vérification de l’origine des fonds de ses clients. Toutes les procédures concernant le Venezuela sont désormais closes.

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