Publié le 6 novembre 2025 à 06h00. Suite au départ du directeur sportif de l’ORF, Hannes Aigelsreiter, Veronika Dragon-Berger et Martin Szerencsi assurent l’intérim et esquissent leur vision pour l’avenir de la chaîne publique autrichienne, axée sur la stabilité, le numérique et une stratégie d’acquisition de droits sportifs plus sélective.
- Veronika Dragon-Berger et Martin Szerencsi ont pris la direction par intérim du département des sports de l’ORF.
- Le duo s’engage à apporter du calme à la rédaction et à moderniser la stratégie de distribution numérique.
- L’ORF devra prioriser davantage ses acquisitions de droits sportifs en raison de contraintes budgétaires.
La semaine dernière, l’ORF a annoncé le départ de Hannes Aigelsreiter de son poste de directeur sportif. Ses deux adjoints, Veronika Dragon-Berger et Martin Szerencsi, ont été nommés à titre intérimaire et devraient rester à la tête du département au moins jusqu’à la fin de la Coupe du monde 2026. Dans un entretien accordé à l’APA, ils ont présenté leurs priorités pour les mois à venir.
Dragon-Berger et Szerencsi insistent sur la nécessité de stabiliser l’équipe après une période de tensions internes liées au style de gestion de leur prédécesseur.
« Il est important que nous regardions vers l’avenir. Nous avons une tâche claire et souhaitons conduire le département des sports vers le calme et la stabilité. Nous avons devant nous une année sportive passionnante avec de nombreux défis. »
Veronika Dragon-Berger
L’équipe éditoriale, forte d’une centaine de personnes, est appelée à s’unir pour maintenir la qualité du service public.
Szerencsi souligne l’importance de se concentrer sur la préparation des grands événements sportifs à venir.
« Il est important de se concentrer dès maintenant sur le programme afin de bien démarrer les grands événements. »
Martin Szerencsi
La Coupe du monde de football et les Jeux olympiques d’hiver sont des échéances majeures pour l’ORF.
Malgré un contexte économique difficile, les deux dirigeants se disent confiants dans la capacité de l’ORF à assurer la couverture de ces événements. Ils précisent que les préparatifs sont bien avancés, avec des plannings de diffusion établis et des équipes déjà en place. La diffusion des Jeux olympiques d’hiver se fera comme d’habitude sur ORF 1 et ORF Sport+, du matin au soir.
Szerencsi reconnaît toutefois les défis financiers auxquels l’ORF est confronté, notamment en raison de la nécessité de financer d’autres événements importants, comme le Concours Eurovision de la Chanson qui se tiendra à Vienne l’année prochaine.
« Les conditions économiques sont difficiles. Comme chacun le sait, l’ORF produit également du contenu pour d’autres départements en plus du sport. L’année prochaine, il y aura également le Concours Eurovision de la Chanson à Vienne. Si l’on ajoute à cela la situation économique, surmonter ce problème représente un énorme défi. »
Martin Szerencsi
Il insiste sur la nécessité de prioriser les acquisitions de droits sportifs.
Concernant la stratégie d’acquisition de droits, Szerencsi met en avant l’importance de collaborer avec d’autres diffuseurs, comme ServusTV, afin d’optimiser les ressources.
« Nous devons représenter la diversité et garantir la participation. Si vous pouviez utiliser pleinement vos finances et si la concurrence était limitée, les choses seraient bien sûr plus faciles. Cependant, les ressources de l’ORF sont limitées par les exigences et les contraintes en matière d’économies. Cela ne sera pas plus facile. Vous devrez prioriser encore plus. Une façon de tirer le meilleur parti de cette situation consiste à collaborer. »
Martin Szerencsi
Il évoque notamment le partenariat avec ServusTV pour la Coupe du monde 2026, qui permettra de réaliser des économies de production.
Dragon-Berger souligne l’importance de préserver la position de l’ORF dans les sports d’hiver et de Formule 1, qui attirent un large public.
« Nous disposons d’un argument de vente unique dans le domaine des sports d’hiver. Cela fonctionne mieux pour nous que presque partout ailleurs en Europe. Il faut essayer de conserver à tout prix cette très bonne position. La Formule 1 délivre également des notes incroyables. Vous devez les lier à l’émetteur le plus longtemps possible. »
Martin Szerencsi
Elle insiste également sur la volonté de l’ORF de diversifier son offre en mettant en avant d’autres sports, notamment sur la chaîne ORF Sport+.
En ce qui concerne la représentation des femmes dans le sport, Dragon-Berger se félicite des progrès réalisés ces dernières années, notamment en matière de modération.
« Nous essayons depuis plusieurs années – cela a commencé avec Hans Peter Trost comme directeur sportif – de promouvoir les femmes dans le sport – que ce soit à l’écran ou derrière l’écran. Nous essayons également de positionner davantage les femmes dans le domaine de la réalisation. »
Veronika Dragon-Berger
Elle reconnaît toutefois qu’il reste des efforts à faire, notamment en matière de commentaires sportifs.
Enfin, concernant l’avenir de la chaîne ORF Sport+, Dragon-Berger souligne la nécessité d’exploiter davantage les opportunités offertes par le numérique, tout en maintenant une offre linéaire jusqu’en 2029.
« Nous essayons d’introduire une grande partie de la diffusion linéaire dans le domaine numérique. Nous devons exploiter encore davantage les opportunités offertes par le secteur numérique. »
Veronika Dragon-Berger
(L’entretien a été réalisé par Lukas Wodicka/APA)