Les éleveurs australiens peuvent respirer : les taxes douanières imposées par l’administration Trump sur le bœuf australien ont été levées, une volte-face inattendue qui pourrait avoir des répercussions sur le prix du steak aux États-Unis. Cette décision, annoncée le 14 novembre 2025, intervient alors que Washington cherche à soulager la pression sur le pouvoir d’achat des Américains.
L’exemption concerne également d’autres produits alimentaires et agricoles, tels que le café, le thé, les fruits tropicaux, le cacao, les bananes, les oranges et les tomates, ainsi que le charbon, le pétrole, l’uranium et divers produits chimiques. Un décret présidentiel de grande envergure officialise cette mesure, qui s’applique rétroactivement et permet aux importateurs de demander le remboursement des droits de douane déjà versés.
L’Australie exporte annuellement plus de 2 milliards de dollars australiens (environ 1,3 milliard d’euros) de bœuf vers les États-Unis. La décision de supprimer ces droits de douane est d’autant plus surprenante qu’elle fait suite à une politique initiale visant à pénaliser les importations australiennes en représailles à des restrictions américaines sur l’exportation de bœuf vers l’Australie.
« L’Australie interdit – et ce sont des gens formidables, et tout est merveilleux – mais ils interdisent le bœuf américain », avait déclaré Donald Trump le 2 avril 2025, en annonçant l’instauration de ces tarifs. « Pourtant, nous avons importé pour 3 milliards de dollars de bœuf australien de leur pays rien que l’année dernière. Ils ne prendront pas notre bœuf. »
Les professionnels du secteur australien de la viande bovine se montrent prudents quant à l’impact réel de cette décision. James Morgan, directeur général de Mutooroo Pastoral Company, a estimé que la situation aurait pu être bien plus grave : « S’il s’agissait d’une interdiction, cette discussion serait beaucoup plus sérieuse et il y aurait beaucoup de gens déçus et en colère. » Il souligne toutefois que les consommateurs américains pourraient être les premiers à ressentir les effets de cette mesure.
Les États-Unis dépendent en effet du bœuf maigre nourri à l’herbe provenant d’Australie pour répondre à la demande intérieure, notamment pour la fabrication de hamburgers. La sécheresse qui a frappé plusieurs régions américaines a entraîné une réduction des cheptels et une pénurie de produits. En 2024, 96 % des exportations australiennes de bœuf vers les États-Unis concernaient de la viande nourrie à l’herbe. Les exportations australiennes ont d’ailleurs connu une forte hausse en 2025, en raison de la baisse de la production américaine et de l’augmentation des droits de douane sur les importations en provenance du Chili, de l’Argentine et du Brésil.
