L’ambassadrice du Guyana Carolyn Rodrigues-Birkett a pris la tête du deuxième tour de scrutin informel organisé par le Conseil de sécurité de l’ONU le 21 août 2026 à New York. Elle devance les autres prétendants à la succession d’António Guterres, dont le mandat s’achève à la fin de l’année.
La course pour désigner le prochain chef de file des Nations unies franchit une étape décisive avec l’émergence de nouveaux rapports de force au sein du Conseil de sécurité. Lors d’un second vote indicatif tenu le 21 août 2026, l’ambassadrice et ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana, Carolyn Rodrigues-Birkett, s’est hissée en première position avec 8 voix de soutien, 3 votes défavorables et 4 abstentions, selon des précisions relayées par la presse internationale et les rapports diplomatiques.
Le Conseil de sécurité resserre l’étau autour des huit candidats en lice
Ce scrutin à huis clos permet aux 15 membres du Conseil de sécurité d’évaluer anonymement l’ensemble des postulants à l’aide de trois catégories de votes : soutient
, ne soutient pas
et sans opinion
. Cinq femmes et trois hommes briguent actuellement la succession d’António Guterres, dont le deuxième mandat quinquennal prendra fin le 31 décembre 2026, ouvrant la voie à une prise de fonction de son successeur le 1er janvier 2027.
Derrière la diplomate guyanienne, la compétition reste extrêmement serrée. L’ancienne vice-présidente du Costa Rica Rebeca Grynspan et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Argentin Rafael Grossi, se partagent la deuxième place. Chacun a recueilli 7 suffrages favorables, bien que leurs oppositions respectives divergent avec 4 voix défavorables pour Mme Grynspan et 6 pour M. Grossi.
Évolution des sondages et dynamiques régionales
Ce classement marque un net rebondissement par rapport aux premières consultations informelles de l’été. En juillet, Rebeca Grynspan occupait la première place d’un sondage de paille
initial orchestré par Reuters, où elle avait récolté dix votes d’encouragement, suivie de près par Carolyn Rodrigues-Birkett et Rafael Grossi.

Du côté des candidatures africaines, la situation demeure en retrait mais ouverte. L’ancien président sénégalais Macky Sall, soutenu par l’Union africaine et Dakar, et le diplomate ougandais Olara Otunnu poursuivent leur parcours au sein de cette consultation. Bien qu’initialement distancé lors d’un « Town Hall » organisé fin juillet au siège new-yorkais en partenariat avec Bloomberg — où Carolyn Rodrigues-Birkett avait séduit 46% de l’opinion favorable et 49% pour la qualité de sa présentation — les différents tours de scrutin prévus cet automne laissent le champ des possibles entièrement ouvert.
Les défis institutionnels et le redoutable droit de veto
Malgré ces votes indicatifs répétés, le chemin vers la nomination officielle reste jonché d’obstacles institutionnels. Aucun consensus définitif ne s’est encore dégagé, comme l’a souligné l’ambassadeur de la République démocratique du Congo, Zenon Ngay Mukongo. Daniel Forti, analyste auprès de l’International Crisis Group, rappelle que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité — les États-Unis, la Chine, la France, la Russie et le Royaume-Uni — disposent d’un pouvoir de veto stratégique. Ces puissances pourraient retenir leurs cartes et attendre les tours ultérieurs, où des bulletins de couleurs différentes permettront d’identifier formellement toute opposition bloquante.

Le futur dirigeant héritera d’une organisation dont le rôle et le prestige sont jugés déclinants par de nombreux critiques, incapables d’enrayer plusieurs crises internationales majeures depuis la création de l’institution au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Le Conseil de sécurité poursuivra ses consultations dans les prochaines semaines pour départager les prétendants avant de soumettre une recommandation formelle à l’Assemblée générale.