Home MondeDroit à un procès rapide quelle que soit la nature de l’infraction : Cour suprême | Nouvelles de l’Inde

Droit à un procès rapide quelle que soit la nature de l’infraction : Cour suprême | Nouvelles de l’Inde

by Clara Dubois

Nouvelle donne dans les affaires de détention provisoire en Inde : une décision de justice récente accorde la libération sous caution à un homme d’affaires impliqué dans une affaire de blanchiment d’argent, soulignant le droit fondamental à un procès rapide, même dans les cas complexes. Cette décision intervient après un rejet similaire concernant des militants politiques, révélant une certaine incohérence dans l’application de ces principes par la Cour suprême.

La chambre de la Cour a estimé que le retard excessif dans le déroulement d’un procès constitue un motif légitime pour accorder une libération sous caution. C’est sur cette base qu’Arvind Dham, ancien président du groupe Amtek, incarcéré depuis 16 mois dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent, a obtenu sa libération.

« Le droit à un procès rapide, garanti par l’article 21 de la Constitution, n’est pas subordonné à la nature de l’infraction », ont déclaré les juges Sanjay Kumar et Alok Aradhe dans leur ordonnance. Ils ont rappelé que la Cour suprême elle-même avait, dans plusieurs affaires, accordé la libération sous caution après des périodes de détention allant de 3 à 17 mois.

La Cour a insisté sur le fait que prolonger indûment la détention provisoire d’une personne, sans début raisonnable ou progrès du procès, équivaut à une forme de punition anticipée, ce qui est inacceptable. « Si l’État ne peut garantir un procès rapide, il ne doit pas s’opposer à une demande de libération sous caution », ont-ils ajouté.

Cette décision contraste avec celle rendue la veille, qui avait rejeté les demandes de libération sous caution des militants Umar Khalid et Sharjeel Imam, incarcérés depuis près de six ans et poursuivis pour terrorisme en vertu de la loi UAPA (Unlawful Activities Prevention Act – Loi de prévention des activités illégales). Bien que les deux types d’affaires soient régis par des dispositions similaires concernant la libération sous caution – articles 43D(5) de la loi UAPA et 45 de la loi PMLA (Prevention of Money Laundering Act – Loi de prévention du blanchiment d’argent) – la Cour a fait preuve de discernement dans ce cas précis.

L’ordonnance concernant Arvind Dham s’aligne toutefois sur d’autres décisions récentes de la Cour suprême, notamment celles concernant l’ancien ministre en chef de Delhi, Arvind Kejriwal, et le ministre du Tamil Nadu, Senthil Balaji. Cette divergence d’approche soulève des questions sur la cohérence de la jurisprudence de la Cour suprême en matière de détention provisoire.

En autorisant la libération sous caution de Dham, la Cour a reconnu que la gravité de l’infraction est un facteur à prendre en compte, mais a précisé que les restrictions légales, telles que celles prévues par la loi PMLA et la loi UAPA, ne peuvent justifier une détention provisoire indéfinie, en violation de l’article 21 de la Constitution.

« Il est bien établi que si l’État ou tout organisme de poursuite, y compris le tribunal, n’est pas en mesure de garantir le droit fondamental d’un accusé à un procès rapide, tel que consacré par l’article 21 de la Constitution, alors il ne doit pas s’opposer à une demande de libération sous caution au motif que le crime commis est grave », ont souligné les juges.

La Cour a également noté que, dans l’affaire Dham, le procès ne devrait pas débuter de sitôt, compte tenu du nombre important de témoins à interroger (210). « Il n’y a aucune probabilité qu’un procès commence dans un avenir proche. Maintenir l’incarcération dans de telles circonstances, en particulier lorsque les preuves, qui sont principalement de nature documentaire, sont déjà entre les mains de l’accusation, viole le droit de l’accusé à un procès rapide », ont-ils conclu.

Par ailleurs, la Cour suprême avait déjà souligné, dans une affaire impliquant KA Najeeb, un présumé membre du PFI (Popular Front of India – Front populaire de l’Inde, organisation interdite), que l’article 43D(5) de la loi UAPA ne saurait empêcher les tribunaux constitutionnels d’accorder une libération sous caution en cas de violation des droits fondamentaux de l’accusé.

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