Publié le 26 octobre 2023 10h30. Les abonnés irlandais aux services de téléphonie mobile et de haut débit pourraient bientôt retrouver la possibilité de changer d’opérateur sans frais en cas de hausse de prix, grâce à une réforme législative envisagée par le gouvernement.
- Les consommateurs pourront résilier leur contrat sans pénalité si leur opérateur augmente ses tarifs.
- Les fournisseurs de services devront prévenir leurs clients au moins 30 jours avant toute modification de prix.
- Le ministre des Communications, Patrick O’Donovan, soumettra cette semaine une proposition au gouvernement.
Les pratiques tarifaires des principaux opérateurs de téléphonie et de haut débit en Irlande, Vodafone, Eir et Three Mobile, sont dans le viseur du gouvernement. Ces derniers ont progressivement intégré des clauses d’indexation sur l’inflation dans leurs contrats, avec des augmentations annuelles de 3 % plus le taux d’inflation mesuré par l’Indice des Prix à la Consommation (IPC). Cette pratique, bien que légale, a de facto empêché les consommateurs de changer d’opérateur sans encourir de pénalités, même en cas de hausse significative des prix.
Jusqu’à présent, les augmentations de prix étaient considérées comme ne constituant pas une modification substantielle des termes du contrat, permettant ainsi aux opérateurs de maintenir leurs clients liés pendant la durée de leur engagement, souvent de 24 mois. De nombreux abonnés se sont ainsi retrouvés confrontés à plusieurs augmentations de prix au cours de leur contrat initial.
Le ministre des Communications, Patrick O’Donovan, va présenter au Conseil des ministres une note prévoyant de considérer toute augmentation de prix comme une modification des conditions générales de vente. Cette modification donnerait aux consommateurs le droit de résilier leur contrat sans frais. De plus, les opérateurs seraient tenus d’informer leurs clients d’une hausse de prix au moins 30 jours à l’avance, leur laissant ainsi le temps de comparer les offres et de changer d’opérateur si nécessaire.
La Commission de régulation des communications (ComReg) avait déjà exprimé ses préoccupations concernant l’indexation des tarifs sur l’inflation l’année dernière. Cependant, l’ancien ministre des Communications, Eamon Ryan, avait alors estimé qu’aucune modification législative n’était pour l’instant nécessaire. Il avait déclaré lors d’une question parlementaire que « les niveaux de prix fixés par les fournisseurs de services de télécommunications, y compris pour les services de téléphonie mobile et à large bande, relèvent de la compétence des fournisseurs de services concernés opérant sur un marché entièrement libéralisé ». Il avait également ajouté que « toute proposition visant à légiférer pour empêcher les fournisseurs de télécommunications et de haut débit de proposer des contrats à prix variables basés sur l’IPC nécessiterait un examen attentif ».
Si les changements proposés devraient rencontrer une opposition de la part des opérateurs, des sources gouvernementales se montrent confiantes quant à leur adoption rapide. L’objectif est de mettre en place ces nouvelles mesures avant la prochaine vague d’augmentations de prix prévue au printemps prochain.
Sur le même sujet
