Publié le 8 octobre 2025 14h14. Une étude récente révèle que les patients atteints de vitiligo souffrent fréquemment de troubles psychologiques, mais que l’activité physique ne semble pas avoir d’impact significatif sur ces symptômes, soulignant la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire.
- Près de 60 % des patients atteints de vitiligo présentent des symptômes de stress, de dépression ou d’anxiété.
- L’étude n’a trouvé aucune corrélation statistiquement significative entre le niveau d’activité physique et la présence de ces troubles psychologiques.
- L’anxiété est faiblement corrélée à la gravité de la maladie et la durée du vitiligo peut influencer les niveaux de dépression.
Le vitiligo, une maladie auto-immune caractérisée par la perte de pigmentation de la peau, peut avoir un impact profond sur la qualité de vie des patients. Au-delà des aspects dermatologiques, les conséquences psychologiques sont souvent importantes, avec un risque accru de détresse émotionnelle, d’anxiété et de dépression. Une nouvelle étude menée en Iran par Aryanian et al. et publiée dans Health Science Reports, apporte un éclairage sur la relation entre l’activité physique et la santé mentale des personnes atteintes de cette affection.
L’étude, menée entre avril 2023 et mars 2024 auprès de 85 patients atteints de vitiligo âgés de 15 ans et plus, a cherché à évaluer l’impact de l’activité physique sur les symptômes psychologiques. Les participants ont été exclus de l’étude s’ils présentaient des troubles psychiatriques préexistants, prenaient des médicaments psychotropes ou avaient des limitations physiques empêchant la pratique d’une activité physique régulière. Les niveaux de stress, d’anxiété et de dépression ont été mesurés à l’aide de l’Échelle de dépression, d’anxiété et de stress – 21 (DASS-21), tandis que l’activité physique a été quantifiée grâce au Questionnaire international sur l’activité physique (IPAQ). La gravité de la maladie a été évaluée à l’aide de l’Indice de notation de la zone de vitiligo (VASI).
Les résultats de l’étude ont révélé une prévalence élevée de troubles psychologiques chez les patients atteints de vitiligo : 58 % ont signalé des symptômes de stress, 55 % de dépression et 49 % d’anxiété. En termes d’activité physique, 26 % des participants ont été classés comme ayant un faible niveau d’activité, 43 % un niveau modéré et 31 % un niveau élevé.
De manière surprenante, l’étude n’a pas mis en évidence de lien statistiquement significatif entre le niveau d’activité physique et les symptômes psychologiques. Les analyses ont révélé les corrélations suivantes : stress (r = 0,164, p = 0,13), anxiété (r = 0,002, p > 0,99) et dépression (r = 0,036, p = 0,74). Cependant, une faible corrélation significative a été observée entre l’anxiété et la gravité de la maladie (r = 0,23, p = 0,04), et une durée de la maladie supérieure à cinq ans a été associée à des scores de dépression plus élevés (p = 0,03). Les hommes ont également tendance à avoir des niveaux d’activité physique plus élevés (p = 0,02), mais d’autres facteurs démographiques et cliniques, tels que l’âge, l’indice de masse corporelle (IMC), le niveau d’éducation et la visibilité des lésions, n’ont pas été associés à l’activité physique ou aux résultats psychologiques.
Les auteurs de l’étude suggèrent que le fardeau psychosocial du vitiligo, lié à la visibilité des lésions, à la stigmatisation et à l’impact sur l’image de soi, pourrait agir par des mécanismes moins sensibles aux effets bénéfiques de l’activité physique sur l’humeur. Ils soulignent également que les processus auto-immuns et oxydatifs impliqués dans le vitiligo pourraient contribuer à des processus neuro-inflammatoires associés aux troubles de l’humeur, atténuant ainsi les bénéfices potentiels de l’exercice.
Ces résultats mettent en évidence la nécessité d’une approche globale de la prise en charge du vitiligo, qui ne se limite pas à la modification du mode de vie. Les cliniciens devraient envisager un dépistage psychologique systématique et intégrer des interventions en santé mentale, telles que la thérapie cognitivo-comportementale, les groupes de soutien ou la pharmacothérapie, dans la gestion de la maladie. Il est crucial de traiter la dépression et l’anxiété, non seulement pour améliorer la qualité de vie des patients, mais aussi pour favoriser l’observance thérapeutique et l’efficacité des traitements.
Des études antérieures portant sur d’autres affections dermatologiques, comme le psoriasis et l’alopécie areata, ont montré des améliorations de l’humeur et de l’évolution de la maladie grâce à des interventions basées sur l’exercice physique. Cependant, les données concernant le vitiligo restent contradictoires. Les facteurs culturels, la stigmatisation et la tendance à éviter les lieux publics où l’on pratique une activité physique pourraient atténuer les avantages psychosociaux potentiels. Cela souligne la nécessité de mener des essais cliniques contrôlés pour évaluer l’efficacité d’environnements d’exercice structurés et favorables, ainsi que de programmes comportementaux à long terme.
En conclusion, cette étude souligne l’importance de reconnaître et de traiter la morbidité psychologique significative associée au vitiligo, indépendamment du niveau d’activité physique. Une approche multidisciplinaire, intégrant un soutien dermatologique, psychologique et social, est essentielle pour optimiser les résultats pour les patients.
Références
- Salama AH, Alnemr L, Khan AR, Alfakeer H, Aleem Z, Ali-Alkhateeb M. Unveiling the invisible struggles: a comprehensive review of the psychological, social, and quality-of-life impacts of vitiligo. Cureus. 2023;15(9):e45030. Published September 11, 2023. doi:10.7759/cureus.45030
- Aryanian Z, Asgari E, Shirzadian A, Ahangar HG, Heidari S, Massoodi A, Babaie H. Physical activity and psychological health in patients with vitiligo: a cross-sectional study on depression, anxiety, and stress. Health Sci Rep. October 3, 2025;8(10):e71317. doi: 10.1002/hsr2.71317.
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