Publié le 4 novembre 2025 à 12h19. Une étude du MIT révèle que les pertes d’attention sont une tentative du cerveau de se « réparer » en cas de manque de sommeil, en activant des mécanismes de nettoyage normalement réservés au repos nocturne.
- Le cerveau tente de compenser le manque de sommeil en initiant des processus de maintenance, entraînant des moments de distraction.
- Des fluctuations du liquide céphalo-rachidien (LCR) sont observées lors de ces pertes d’attention, signe d’une tentative de nettoyage cérébral.
- D’autres changements physiologiques, comme un ralentissement du rythme cardiaque et une constriction des pupilles, accompagnent ces épisodes.
Lorsque la fatigue se fait sentir, il est courant de ressentir des moments de déconnexion mentale. Une équipe de recherche du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a cherché à comprendre les mécanismes à l’œuvre lors de ces pertes d’attention, et a découvert que le cerveau, en situation de privation de sommeil, tente activement de se « réparer » en initiant des processus normalement réservés au repos.
L’étude, menée auprès de 26 volontaires, a comparé l’activité cérébrale des participants après une nuit de sommeil suffisant et après une nuit de privation de sommeil. Les chercheurs ont utilisé l’électroencéphalographie (EEG) pour mesurer les ondes cérébrales et l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour observer l’activité cérébrale pendant que les participants effectuaient des tâches nécessitant de la concentration. Comme prévu, les performances des participants étaient significativement réduites après une nuit sans sommeil, avec des temps de réaction plus lents et une incapacité à remarquer certains stimuli.
Un mouvement de liquide cérébral révélateur
Mais l’aspect le plus surprenant de l’étude réside dans l’observation de fluctuations du liquide céphalo-rachidien (LCR), le fluide qui baigne le cerveau et le protège. Les chercheurs ont constaté que le LCR sortait du cerveau au moment précis des pertes d’attention, puis revenait peu de temps après. Ce processus, qui se produit normalement pendant le sommeil, est essentiel pour éliminer les déchets métaboliques accumulés pendant la journée.
Selon les recherches antérieures de Laura Lewis et de son équipe, ces vagues rythmiques de LCR sont indispensables au bon fonctionnement du cerveau. « Une façon d’expliquer ces événements est que, parce que le cerveau a tellement besoin de sommeil, il essaie d’entrer dans un état proche du sommeil pour restaurer certaines fonctions cognitives », explique Zinong Yang, co-auteur de l’étude, cité dans l’annonce du MIT.
Des changements physiologiques synchronisés
L’étude a également révélé d’autres changements physiologiques corrélés aux pertes d’attention. Un ralentissement de la respiration et du rythme cardiaque, ainsi qu’une constriction des pupilles, ont été observés. Les chercheurs ont noté que la constriction des pupilles précédait d’environ 12 secondes la fuite de LCR, et que les pupilles se dilataient à nouveau après l’épisode de distraction.
« Ces résultats suggèrent qu’il existe un circuit unifié qui contrôle à la fois les fonctions cognitives essentielles – notre attention, notre capacité à percevoir et à réagir à l’environnement – et des processus physiologiques fondamentaux tels que la dynamique des fluides cérébraux, le flux sanguin et la constriction des vaisseaux sanguins », souligne Laura Lewis. Les conclusions de cette étude ont été publiées dans la revue spécialisée « Nature Neuroscience ».