Publié le 24 septembre 2025. Dans un contexte géopolitique et économique incertain, les marchés financiers mondiaux affichent une robustesse surprenante, avec l’Ibex 35 qui franchit un seuil historique, porté par des accords commerciaux et des résultats d’entreprises encourageants.
- L’Ibex 35 a atteint un record de plus de 16 000 points.
- Les accords commerciaux, notamment avec les États-Unis, ont réduit l’incertitude et stimulé les marchés.
- Les entreprises technologiques américaines continuent de croître grâce aux avancées de l’intelligence artificielle.
Les marchés boursiers internationaux connaissent une période de dynamisme inattendu, malgré les tensions géopolitiques et les incertitudes tarifaires. L’indice Ibex 35, représentant les 35 plus grandes entreprises espagnoles, a atteint un nouveau sommet historique, dépassant les 16 000 points. Cette performance s’inscrit dans une tendance plus large, avec de nombreux indices majeurs affichant des gains significatifs ces derniers mois.
Selon les analystes de Deutsche Bank, la réduction de l’incertitude commerciale, grâce aux accords conclus par de nombreux pays avec les États-Unis, est un facteur clé de cette amélioration. La saison des résultats a également démontré la capacité des entreprises à s’adapter au nouveau paysage commercial international. La croissance des bénéfices, observée dans toutes les régions, incite la banque allemande à maintenir ses perspectives positives sur les actions, malgré des risques de corrections temporaires.
Les marchés américains toujours en hausse
Les actions américaines, malgré l’impasse politique actuelle concernant le financement du gouvernement, se maintiennent à des niveaux proches de leurs records. Les investisseurs misent sur la résilience des bénéfices, la déréglementation et la possibilité d’une politique monétaire plus souple. Le projet de loi visant à prolonger les réductions d’impôts, surnommé le « One Big Beautiful Bill », offre également aux entreprises une marge de manœuvre financière.
Le secteur technologique américain, en particulier, continue de prospérer grâce aux progrès de l’intelligence artificielle. L’indice S&P 500 a dépassé les 6 800 points et vise désormais le seuil historique de 7 000 points, alimenté par des prévisions de croissance des bénéfices pour les 12 prochains mois.
Un ralentissement pour les marchés européens
À l’inverse, les marchés européens ont légèrement ralenti leur progression après un début d’année prometteur. Cette décélération est en partie due à la performance exceptionnelle des actions américaines et aux incertitudes pesant sur les secteurs des semi-conducteurs et de la santé.
Néanmoins, Deutsche Bank reste convaincue que les actions européennes bénéficieront de la solidité relative de certaines économies, notamment l’Allemagne, qui retrouve un rôle moteur grâce à des dépenses publiques accrues. Cette dynamique pourrait compenser l’instabilité politique en France. Les indices européens devraient également être soutenus par un positionnement prudent des investisseurs, des valorisations attractives et un intérêt croissant pour la diversification en dehors des actifs américains.
L’objectif de 575 points pour le Stoxx Europe 600, fixé il y a quelques semaines, n’a pas encore été atteint. Bien que les récentes hausses aient réduit le potentiel de croissance, le sentiment reste positif. Les secteurs de la défense, de la santé et de la sidérurgie offrent des opportunités intéressantes.
La bourse espagnole, qui a clôturé le mois d’octobre à des sommets avec un rendement annuel de 40 %, devrait profiter de la dynamique favorable de ses voisins européens et des prévisions de croissance économique positives pour consolider ses positions.
Le Japon sur une trajectoire favorable
L’été a également été propice aux valeurs japonaises, grâce à une reprise stimulée par une solide saison de résultats au deuxième trimestre et un accord commercial conclu avec les États-Unis. La relance budgétaire attendue suite à la démission du Premier ministre Ishiba et à la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par Sanae Takaichi, surnommée la « Margaret Thatcher du Japon », a également contribué à cette dynamique.
Dans un avenir proche, un contexte économique favorable, une croissance continue des bénéfices et des réformes de gouvernance d’entreprise devraient continuer à soutenir les actions japonaises. Le Japon a ainsi mis fin à la stagnation des deux dernières décennies et dépasse désormais l’objectif de 1 920 points pour le MSCI Japon, fixé par Deutsche Bank. Cet indice a récemment franchi le seuil symbolique des 2 000 points et ne semble pas connaître de limite pour le moment.
Des opportunités sur les marchés émergents, mais avec des disparités
Concernant les marchés émergents, Deutsche Bank souligne une grande disparité. Les actions chinoises, qui représentent une part importante du marché, ont bénéficié des initiatives gouvernementales visant à réduire les surcapacités et à améliorer le pouvoir de fixation des prix, ainsi que de l’intérêt croissant des investisseurs pour l’intelligence artificielle. En revanche, les tensions commerciales avec les États-Unis pèsent sur les actions indiennes.
Malgré ces disparités, la banque prévoit une poussée positive à court terme pour les actions des pays émergents, soutenue par la vigueur des secteurs de la technologie et d’Internet, un dollar légèrement plus faible et le potentiel de nouveaux accords commerciaux. L’objectif de l’indice MSCI Emerging Markets a récemment été relevé à 1 320 points, un niveau déjà dépassé, l’indice évoluant actuellement au-dessus de 1 400 points, encouragé par la performance des autres grands marchés internationaux.
Cette ambiance d’euphorie générale commence toutefois à inquiéter certains analystes, tous les actifs (actions, métaux précieux, cryptomonnaies, etc.) atteignant des sommets, tandis que les obligations offrent des rendements intéressants. Cette situation complexe pose des défis en matière de diversification. Bien qu’il faille laisser les hausses se poursuivre, comme le veut l’adage boursier, les progressions ne peuvent être illimitées, ce qui incite certains investisseurs à se couvrir en guise de protection face à un éventuel retournement de situation, bien qu’aucun signe ne l’indique pour l’instant.
Julio Muñoz. Journaliste d’informations économiques et expert en communication
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