Home AffairesEdouard Geffray nouveau ministre de l’Education, un « bras d’honneur » selon les syndicats

Edouard Geffray nouveau ministre de l’Education, un « bras d’honneur » selon les syndicats

by Amélie Bernard

Publié le 15 octobre 2025 à 05h06. La nomination d’Édouard Geffray au poste de ministre de l’Éducation nationale, dans le gouvernement Lecornu II, suscite de vives réactions. Fort d’une longue expérience au sein du ministère, il est perçu à la fois comme un connaisseur du système et comme l’héritier des controversées réformes menées ces dernières années.

  • Édouard Geffray, ancien directeur général de l’enseignement scolaire, est connu des personnels de l’Éducation nationale pour son rôle clé dans la mise en œuvre des réformes sous Jean-Michel Blanquer.
  • Sa nomination intervient alors que le gouvernement annonce la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires en 2026, suscitant l’inquiétude des syndicats.
  • Les organisations syndicales pointent du doigt son implication dans des réformes jugées néfastes pour l’école publique, notamment le « choc des savoirs » et la généralisation de l’évaluation.

Si le grand public ne connaissait pas son nom avant sa nomination ce dimanche, Édouard Geffray est une figure familière des acteurs de l’Éducation nationale. Pendant des années, il a été le bras droit de Jean-Michel Blanquer, occupant le poste de directeur général de l’enseignement scolaire (DGESCO) durant tout le premier mandat d’Emmanuel Macron. C’est lui qui a supervisé la mise en œuvre de la réforme du lycée et du baccalauréat, et qui a géré les défis posés par la pandémie de Covid-19.

Son nom reste cependant associé à une polémique particulièrement douloureuse. En décembre 2019, alors qu’il était DGESCO, il avait minimisé le suicide d’une enseignante de Pantin, Christine Renon, en le comparant à une chute dans un escalier. Une déclaration qui avait suscité l’indignation et la colère des enseignants.

La nomination de Geffray à la tête du ministère de l’Éducation nationale, septième ministre en cinq ans, a immédiatement provoqué des réactions mitigées. La CGT Education reconnaît qu’il connaît bien les rouages de l’institution, mais le tient pour responsable de l’application de réformes qu’elle a combattues.

« Alors que certains de ses prédécesseurs n’étaient pas spécialistes de l’Éducation, le nouveau ministre Geffray connaît l’institution et ses rouages pour avoir été numéro 2 de ce ministère pendant plusieurs années. »

CGT Education, communiqué

Le syndicat le considère comme le principal artisan de politiques telles que l’école de la confiance, la généralisation de l’évaluation, le « choc des savoirs », le tri social par groupes de niveaux, et la réforme du baccalauréat.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des enseignants du second degré, partage ce sentiment. Dans un entretien accordé à Mediapart, elle le décrit comme « l’architecte opérationnel des réformes éducatives du macronisme, qui ont fait beaucoup de mal à l’école, aux personnels et aux élèves ». Elle le qualifie d’homme « très raide sur la mise en place des réformes comme homme de main de Blanquer ».

Frédéric Volle, secrétaire général du Syndicat national unifié des directeurs, instituteurs et professeurs des écoles de l’enseignement public (SNUIPP-FO), estime que cette nomination est une continuité de la politique de suppressions de postes menée par Emmanuel Macron. Il dénonce également une « militarisation de l’école », soulignant la multiplication des classes défense, partenariat entre le ministère des Armées et celui de l’Éducation nationale.

« On devient fous ! Même battu à chaque élection, Emmanuel Macron continue vaille que vaille de mettre en place sa politique. Malgré la colère des enseignants qui voient leurs conditions se dégrader, des AESH qui ne sont toujours pas fonctionnaires et le plus souvent vivent sous le seuil de pauvreté, des parents qui voient les classes se fermer et les élèves en situation de handicap qui ne sont plus pris en charge… »

Frédéric Volle, secrétaire général du SNUIPP-FO

L’annonce de la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires en 2026, faite ce mardi par Sébastien Lecornu, ne fait qu’accroître les craintes. Les syndicats préviennent que cette situation pourrait conduire à une nouvelle vague de mobilisations.

Morgane Verviers, secrétaire générale de l’Unsa Education, se montre plus prudente, appelant Sébastien Lecornu à tenir sa promesse de rupture.

« Il est attendu au tournant. Edouard Geffray connaît les rouages du ministère, donc il sait ce que voudrait dire une rupture et ce que nous attendons. »

Morgane Verviers, secrétaire générale de l’Unsa Education

Elle insiste sur la nécessité de mettre fin à la « réformite » aiguë et d’améliorer le dialogue avec les personnels. Elle réclame également une revalorisation des salaires et une amélioration des conditions de travail, rappelant qu’avec huit ministres en huit ans, le problème ne vient sans doute pas des enseignants.

Retrouvez ici notre dossier Education

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