Près de cinq cents établissements scolaires français restent fermés ou partiellement perturbés ce lundi 5 octobre 2026 en raison d’un mouvement de contestation lycéenne. Les manifestants protestent contre le manque d’enseignants et la dégradation des bâtiments, tandis que le gouvernement fait état d’interventions des forces de l’ordre et de tensions dans plusieurs villes.
Cinq cents lycées fermés pour sécuriser les sites
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a confirmé dimanche qu’entre quatre cents et cinq cents lycées verraient leurs cours suspendus en totalité ou en partie ce lundi.
Cette décision administrative intervient alors que les conditions de sécurité ne sont pas réunies à l’approche de nouvelles journées de mobilisation. Le ministre a précisé que les fermetures visaient principalement à garantir la sécurité face aux risques de débordements.

La fronde trouve ses racines dans un ensemble de revendications anciennes portées par les élèves. Ces derniers déplorent l’absentéisme chronique des professeurs, la surcharge des classes et la vétusté d’infrastructures qu’ils jugent indignes, mentionnant des problèmes d’eau de pluie s’infiltrant dans les salles, de chaleur étouffante en été ou encore la présence de cafards.
Le mouvement a débuté il y a deux semaines dans un établissement de la banlieue parisienne avant de s’étendre progressivement à l’ensemble du territoire, touchant des villes comme Toulouse, Montpellier, Nantes et Marseille. Dans la région Île-de-France, Valérie Pécresse a indiqué que plus d’un tiers des établissements de son ressort resteraient fermés.
Les lycéens réclament des investissements massifs
Depuis le déclenchement du mouvement, les manifestants réclament des investissements massifs. Les élèves dénoncent un manque criant de moyens dans des matières fondamentales comme les mathématiques et le français, ainsi que les disparités territoriales qui touchent les établissements les plus modestes. Certains contestent également l’interdiction des téléphones portables au sein des lycées.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quant à elle indiqué que la priorité absolue était de rétablir l’ordre public.
Affrontements et interpellations sur le terrain
Selon le ministre de l’Intérieur, environ deux mille personnes ont été placées en garde à vue depuis le début des manifestations, dont une grande majorité de mineurs. Le mouvement social a donné lieu à des affrontements violents entre des groupes de fauteurs de troubles et les forces de l’ordre, entraînant des interpellations massives. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué que les parquets avaient été saisis pour que les parents des mineurs auteurs de dégradations soient tenus financièrement responsables des réparations.

Près de vingt-quatre établissements ont été incendiés ou saccagés, à l’instar du lycée Mandela à Nantes et du lycée Gaston-Bachelard à Paris. Le ministre Geffray a indiqué que soixante-dix-huit membres du personnel éducatif avaient été blessés, dont quarante chefs d’établissement, qualifiant cette situation d’inédite. Parmi les incidents graves rapportés par les autorités, un adolescent de quinze ans a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement à Lens, tandis qu’un enseignant a été aspergé d’essence lors de heurts en marge d’un rassemblement.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a reproché au gouvernement d’avoir tardé à répondre aux attentes des lycéens et a critiqué le dispositif policier jugé excessif. De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a rejeté les critiques et a salué l’engagement des forces de l’ordre face aux violences.

Les autorités doivent permettre aux jeunes d’exercer ces droits sans crainte d’être frappés par des grenades lacrymogènes ou des matraques, ou d’être placés arbitrairement en garde à vue.
Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnistie France
Le ministre de l’Éducation nationale a quant à lui accusé des individus violents et d’extrême gauche d’avoir infiltré le mouvement pour le prendre en otage à des fins politiques, appelant les parents à retenir leurs enfants pour les éloigner du danger.
Les organisations syndicales maintiennent la pression
Le ministre de l’Éducation nationale a poursuivi le dialogue en rencontrant les représentants étudiants vendredi dernier.