L’euro est tombé à 1,1161 dollar ce lundi 5 octobre 2026, au plus bas depuis mai 2025, plombé par la détérioration des comptes publics français et l’incertitude politique entourant le budget 2027. La Bourse de Paris recule, tandis que l’Espagne annonce des élections anticipées.
La monnaie unique européenne a glissé jusqu’à 1,1161 dollar lors des échanges en Asie ce lundi matin, franchissant un seuil historiquement bas non atteint depuis mai 2025, selon les observations de Journal du Coin. Cette baisse marque la quatrième semaine consécutive de repli pour la devise. Derrière cette glissade se trouvent les craintes croissantes des marchés financiers quant à la trajectoire budgétaire de la France, engagée dans une procédure pour déficit excessif.
D’après les observations de Euronews, la monnaie est descendue jusqu’à 1,1161 dollar lors des échanges en Asie, après quatre semaines consécutives de repli, avant de se stabiliser autour de 1,12 dollar à l’ouverture des marchés européens. Les analystes d’ING ont prévenu dans une note que le marché pouvait encore ajouter 2 % de prime de risque à l’euro si la vente d’obligations se prolongeait.

Le projet de budget 2027 fait face à la méfiance des marchés
Présenté le jeudi 1er octobre, le projet de budget pour 2027 prévoit de ramener le déficit public de 5,4 % du PIB attendu cette année à 5 % l’an prochain. L’exécutif mise sur 43 milliards d’euros de mesures de redressement au sein du projet de loi de finances et du texte de financement de la Sécurité sociale, tandis que Notre Temps évoque de son côté un effort affiché de 54 milliards d’euros.
Pourtant, la trajectoire reste très dégradée : la dette publique, évaluée à 119,3 % du PIB pour 2026, devrait grimper à 121,7 % l’année suivante d’après les prévisions examinées par le Haut Conseil des finances publiques, alors que des sources comme Notre Temps et Journal du Coin signalent plus globalement une dette atteignant 119 % du PIB.

« Seul un accord budgétaire convaincant apporterait un soulagement à la France et aux marchés européens dans l’ensemble »,
Ipek Ozkardeskaya, Swissquote, via Boursedirect
Cette absence de conviction pèse lourdement sur les actifs français. Sur le marché obligataire, le rendement de l’OAT à dix ans s’est établi à 4,83 % à la mi-journée lundi selon Notre Temps, tandis que Boursedirect et l’AFP l’observent à 4,86 % et qu’Euronews relève une montée à 4,917 % lors des premiers échanges. L’écart de taux — le « spread » — avec l’Allemagne s’est quant à lui détendu autour de 140 à 148 points de base après avoir frôlé des sommets comparables à ceux de 2012 la semaine précédente, d’après les relevés de BFM Bourse, tandis que Journal du Coin précise que l’assurances contre le défaut a bondi de 40 % en une semaine et que LSEG n’avait pas enregistré de hausse hebdomadaire aussi forte depuis 17 ans.
Le CAC 40 est pénalisé par la chute de Schneider Electric
À la Bourse de Paris, le CAC 40 a cédé 0,52 % à la mi-journée selon Notre Temps, tandis que BFM Bourse note un repli de 0,58 %, sous-performant nettement ses voisins européens comme Londres et Francfort qui affichaient de légères hausses. Cet écart s’explique en grande partie par la dégringolade de Schneider Electric, qui chutait de près de 10 % (précisément 9,8 % selon BFM Bourse et 9,97 % selon Boursedirect) après avoir officialisé l’acquisition de l’américain PTC pour environ 22,6 milliards de dollars, soit près de 20,1 milliards d’euros.

En tant que deuxième pondération de l’indice parisien, cette seule chute a entraîné une baisse mécanique sensible de l’ensemble de la cote, alors que d’autres valeurs comme Legrand (-0,90 %), Hermès (-1,35 %) et BNP Paribas (-1,08 %) subissaient également des reculs selon Le Revenu.
| Indice ou Place | Variation en séance (lundi 5 octobre 2026) |
|---|---|
| CAC 40 (Paris) | -0,52 % à -0,80 % |
| DAX 40 (Francfort) | Stable à +0,25 % |
| FTSE 100 (Londres) | +0,34 % à +0,48 % |
| Ibex 35 (Madrid) | +0,80 % à +1,12 % |
L’Espagne réagit et la BCE brandit son bouclier
Face à ces tensions sur les dettes souveraines, la Banque centrale européenne dispose théoriquement de l’instrument de protection de la transmission (TPI), un mécanisme de rachat d’obligations sans plafond préétabli entré en vigueur en juillet 2022. Toutefois, cet outil est soumis à des critères stricts, incluant le respect des règles budgétaires européennes.
Un pays sous le coup d’une procédure pour déficit excessif, comme la France depuis juillet 2024, doit se conformer aux exigences du Conseil pour y prétendre — avec un déficit atteignant 5,4 % du PIB et une dette à 119 % selon Journal du Coin —, laissant les investisseurs dans l’expectative à l’approche de l’examen du budget à l’Assemblée nationale.