Si les chiffres de l’incidence du cancer du sein en Guadeloupe sont plus faibles que dans l’Hexagone, les perspectives de guérison après un diagnostic sont malheureusement moins optimistes. La mobilisation citoyenne, notamment à travers les initiatives d’« Octobre rose », reste essentielle pour améliorer la détection précoce et, par conséquent, sauver des vies.
Le cancer du sein demeure la tumeur maligne la plus fréquemment diagnostiquée chez les femmes. En Guadeloupe, un paradoxe se dessine : l’archipel affiche l’un des taux d’incidence les plus bas de France, après la Martinique, et une mortalité inférieure à celle observée en métropole. Cependant, les patientes guadeloupéennes présentent un pronostic moins favorable après avoir reçu un diagnostic. Entre 2008 et 2018, leur taux de survie à cinq ans s’élevait à 79 %, contre 88 % en Hexagone.
Cette différence s’explique principalement par des délais de prise en charge trop longs et un recours insuffisant au dépistage organisé. Proposé tous les deux ans aux femmes âgées de 50 à 74 ans, ce programme de dépistage n’est utilisé que par moins d’une Guadeloupéenne sur deux (43 %). Or, la détection précoce de la maladie est un facteur clé de succès dans le traitement.
Une étude récente, publiée dans la Revue médicale britannique, confirme l’importance cruciale du premier dépistage. Les femmes qui ne s’y soumettent pas présentent un risque considérablement plus élevé de décéder d’un cancer du sein, et ce, même 25 ans après. L’étude, menée sur près de 500 000 femmes invitées à une mammographie entre 1991 et 2020 dans le cadre du programme suédois de dépistage, a révélé que 32 % d’entre elles n’avaient pas effectué cette première mammographie. Ces femmes étaient ensuite moins susceptibles de participer aux dépistages ultérieurs et plus susceptibles de recevoir un diagnostic de cancer du sein à un stade avancé. Le premier examen apparaît donc comme un véritable investissement à long terme dans la santé des femmes.
Pour sensibiliser la population, la Guadeloupe se mobilise chaque année durant « Octobre rose ». La 4e édition des foulées du ruban rose se déroulera le samedi 4 octobre à 18 h dans les rues de Jarry. Au programme : une course de 5 km ou une marche nocturne sur le même parcours, avec un départ depuis le parc d’activités de Jarry. L’inscription coûte 10 € et contribue directement à la lutte contre le cancer du sein. La participation ne cesse de croître : 1 500 personnes en 2022, 2 500 en 2023 et 5 000 attendues en 2024.
Cette année, une nouvelle initiative est lancée par la Fédération Française de Tennis : la première édition des raquettes du ruban rose. Les amateurs et non-licenciés pourront découvrir les sports de raquette les samedis 11 octobre à l’hôtel Zénitude au Gosier et 18 octobre au tennis club de Basse-Terre, de 8 h à 17 h. Des animations sportives et conviviales viendront compléter cette action de prévention et de sensibilisation.
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