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Technologie et science

Trump considèrera comme un «ennemi» quiconque utilisera le terme «intelligence artificielle»

Donald Trump a annoncé à l'Assemblée générale de l'ONU que les documents officiels américains abandonneraient le terme «intelligence artificielle» au profit de «super…

Trump considèrera comme un «ennemi» quiconque utilisera le terme «intelligence artificielle»

Donald Trump a annoncé à l’Assemblée générale de l’ONU que les documents officiels américains abandonneraient le terme «intelligence artificielle» au profit de «super intelligence». Le département d’État a immédiatement ordonné à ses équipes de déployer la nouvelle nomenclature, rebaptisant l’acronyme en SI.

Le décret prononcé à l’ONU et la directive du département d’État

Le président américain a rejeté les appels à la coopération mondiale formulés par plusieurs dirigeants internationaux lors de son intervention à New York. Plutôt que d’adhérer aux projets de régulation multilatérale, il a concentré son allocution sur la révision lexicale de la technologie.

La consigne s’est matérialisée dès le lendemain par un courriel interne. Le bureau des organisations internationales du département d’État américain a ordonné à ses équipes de bannir l’expression anglaise initiale. Le message, envoyé par le secrétaire adjoint du bureau Michael Drager sous l’objet Change in Nomenclature AI to SI, stipulait d’appliquer la modification dans toutes les interventions, notes de position et éléments destinés à la presse.

Le choix de l’appellation repose sur un rejet de la notion de fausseté. Selon le chef de l’État, qualifier cette technologie d’artificielle rend l’intelligence factice, cela lui donne l’air faux alors qu’elle ne l’est pas. La Maison-Blanche a ensuite durci le ton. Dans une publication sur Truth Social, le président a affirmé que l’administration considérerait comme un ennemi quiconque persisterait à employer l’ancien vocable.

Le président Donald Trump s'exprime lors d'un meeting électoral au Freeman Coliseum de San Antonio, mercredi 7 octobre 2026
Photo : Noovo

Les antécédents des modifications toponymiques sous l’administration Trump

Cette réattribution lexicale s’inscrit dans une série de changements institutionnels menés depuis le début du second mandat présidentiel. Renommer les choses est devenu une habitude chez Trump. En janvier 2025, un décret présidentiel a rebaptisé le golfe du Mexique en Gulf of America. Quelques mois plus tard, en août 2026, un autre décret a attribué le nom de Lake America au lac Ontario, partagé avec le Canada, dans un contexte de différend commercial avec Ottawa.

Les enjeux de la course technologique face à la Chine

Derrière la controverse sémantique se joue une rivalité géopolitique et économique de premier plan. Les États-Unis abordent le secteur comme une compétition bilatérale fermée. Le ministre des Finances Scott Bessent a rencontré à New York le vice-premier ministre chinois He Lifeng pour discuter des questions liées à la technologie, proposant un mécanisme de notification en cas d’incident de sécurité nationale.

Pour l’exécutif américain, tout ralentissement du développement est exclu. L’administration redoute qu’un frein réglementaire n’entraîne un décrochage des marchés. La vision présidentielle résume l’enjeu en un impératif de suprématie absolue :

« Quiconque remporte l’IA, il faut s’en souvenir, et maintenant je le dis, quiconque remporte la SI, quiconque remporte la superintelligence, gagne. C’est ce groupe-là qui gagne. »

Donald Trump, président des États-Unis, via Defenseone

Les divergences sur la régulation et les risques existentiels

La position de la Maison-Blanche contraste avec les avertissements répétés émis par les dirigeants des principales entreprises du secteur et par l’ONU. Des figures de l’industrie, dont Dario Amodei d’Anthropic, Sam Altman d’OpenAI, Demis Hassabis de Google DeepMind et Elon Musk, ont plaidé pour un ralentissement du rythme de développement afin de maîtriser les risques associés aux modèles de pointe.

Certains chercheurs ayant quitté ces structures de pointe ont même évoqué la possibilité que ces systèmes échappent totalement au contrôle humain d’ici la fin de la décennie. Le président américain a balayé ces alertes, qualifiant les experts qui les portent de mêmes que ceux qui nous ont dit qu’on serait morts dans douze ans à cause du réchauffement climatique et rejetant l’idée de imposer des garde-fous contraignants aux entreprises américaines.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.