Publié le 16 octobre 2024 16:58:00. Malgré les incitations au retour au bureau, la plupart des employés de grandes entreprises internationales privilégient le télétravail et ses avantages, une tendance confirmée par une enquête récente en Colombie qui révèle une préférence marquée pour la flexibilité et le bien-être au travail.
- 65,2 % des entreprises colombiennes proposent encore le télétravail, même si ce chiffre est en baisse par rapport à 2021.
- Le télétravail reste le principal avantage recherché par les employés, suivi des programmes de bien-être personnel et financier.
- Les professionnels ayant un niveau d’éducation supérieur sont 50 % plus susceptibles de télétravailler que les autres.
Les grandes entreprises mondiales, telles que Microsoft, Paramount et NBCUniversal, constatent une faible adhésion à leurs appels à un retour au bureau à temps plein. Si la direction insiste pour que les employés reviennent sur site, rares sont ceux qui souhaitent renoncer aux bénéfices du travail à distance. On observe même une diminution de la fréquentation des bureaux, y compris parmi les cadres.
Cette tendance se confirme en Colombie. La dernière enquête nationale sur les salaires et les avantages sociaux, réalisée par la Fédération colombienne de gestion humaine (Acrip) auprès de 224 entreprises, révèle que 65,2 % d’entre elles maintiennent encore une politique de bureau à domicile. Bien que ce chiffre représente une baisse de 21,82 % par rapport à 2021, l’intérêt des entreprises pour un retour massif au présentiel reste limité.
L’enquête souligne que le télétravail est l’avantage le plus prisé par les employés colombiens (65,2 %), suivi des programmes de soins personnels (59,8 %), du bien-être financier (54,9 %), du mentorat en leadership transformationnel (49,6 %) et des horaires flexibles (48,7 %).
« Le télétravail, sous sa forme totale ou partielle, a cessé d’être un phénomène passager pour devenir une réalité quotidienne, en particulier dans des secteurs tels que les technologies de l’information et des communications, où cette modalité a été consolidée comme norme. »
Andrés Fernando Martínez, professeur de comportement organisationnel au Collège d’études supérieures de l’administration (Cesa)
Selon Andrés Fernando Martínez, cette évolution s’observe également dans d’autres secteurs, comme la finance et le commerce, où le télétravail coexiste avec une présence physique pour des fonctions spécifiques, notamment le service client. Même dans l’industrie, où la présence sur site reste prédominante en raison de la nature de la production, une part importante des employés administratifs et de support bénéficie de programmes hybrides ou de télétravail.
Le niveau d’éducation joue également un rôle important. Les professionnels titulaires d’un diplôme universitaire ou postuniversitaire sont 50 % plus susceptibles de télétravailler que les techniciens, les technologues ou les personnes ayant une formation de base.
Les études montrent que les employés en télétravail ou en mode hybride présentent un meilleur bien-être que leurs collègues travaillant à temps plein sur site, un facteur directement lié à la productivité, à l’efficacité et au retour sur investissement des entreprises.
« Les données sur le bien-être psychosocial atteignent des niveaux exceptionnels dans les programmes de télétravail et les modèles en présentiel ; elles restent à des niveaux à peine satisfaisants. »
Andrés Fernando Martínez, professeur de comportement organisationnel au Collège d’études supérieures de l’administration (Cesa)
La flexibilité et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ont un impact significatif sur la perception du bien-être et de la justice organisationnelle. Les employés en télétravail ont également tendance à évaluer plus positivement leurs dirigeants, ce qui souligne la nécessité pour les entreprises d’adapter leurs stratégies de communication pour aligner les objectifs des collaborateurs et de l’organisation.
Les entreprises qui ont tenté de rapatrier intégralement leur personnel se sont heurtées à la résistance de certains employés, notamment ceux qui vivent loin du siège de l’entreprise ou qui ne souhaitent pas renoncer aux avantages du télétravail. Les professionnels les plus qualifiés et les plus productifs en télétravail considèrent la flexibilité comme un élément essentiel de leur bien-être et sont plus enclins à chercher un emploi auprès d’entreprises qui la proposent.
En conséquence, les appels au retour au bureau sont souvent perçus comme des expérimentations visant à trouver un équilibre entre productivité, renforcement de la culture d’entreprise et promotion du bien-être. Le retour sur site est donc priorisé pour les fonctions critiques, managériales ou opérationnelles.
La pandémie de 2020 a marqué un tournant dans la perception du travail, la flexibilité étant désormais considérée non plus comme un avantage, mais comme une condition essentielle de bien-être et de productivité. Les entreprises qui ne tiendront pas compte de cette évolution risquent de rencontrer des difficultés en matière d’acquisition et de rétention des talents, de culture organisationnelle et de pérennité.
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