Publié le 19 novembre 2025 à 00h31. Les marchés financiers attendent avec fébrilité la publication des résultats de Nvidia, un indicateur clé de la santé du secteur de l’intelligence artificielle, tandis que l’euro recule face au dollar dans un contexte d’aversion au risque. La publication du rapport sur l’emploi américain de septembre, retardé par le shutdown, viendra compléter ce tableau économique chargé.
- L’euro a cédé du terrain face au dollar, passant sous sa moyenne mobile à 50 jours, signe d’une prudence accrue des investisseurs.
- Les résultats trimestriels de Nvidia, attendus ce mardi, sont perçus comme un baromètre de la demande en intelligence artificielle et pourraient influencer l’ensemble du secteur technologique.
- La publication du rapport sur l’emploi américain de septembre, prévue jeudi, permettra d’évaluer la résilience du marché du travail après une première indication de détérioration.
L’incertitude plane sur les valorisations des entreprises du secteur de l’intelligence artificielle, notamment après les gains spectaculaires observés ces derniers mois. L’appétit pour le risque s’est donc contracté sur les marchés financiers, se traduisant par un repli de l’euro face au dollar. La parité euro/dollar se traitait à environ 1,1590 $ à la mi-journée.
Selon Thomas Giudici, responsable de la gestion obligataire d’Auris Gestion, les prochains jours seront marqués par la publication de données économiques retardées par l’arrêt de l’administration américaine, mais c’est surtout Nvidia qui devrait donner le ton.
« Dans un marché devenu hypersensible à la thématique IA, la moindre surprise fera office de catalyseur. »
Thomas Giudici, responsable de la gestion obligataire d’Auris Gestion
La question centrale est de savoir si les résultats de l’entreprise seront à la hauteur des attentes et justifieront les niveaux de valorisation actuels.
Enguerrand Artaz, stratégiste chez La Financière de l’Échiquier (LFDE), nuance toutefois ces inquiétudes. Il souligne que, à l’exception de Palantir, dont le ratio cours/bénéfices atteint 130, les valorisations du secteur technologique ne sont pas aussi excessives que lors des précédentes bulles spéculatives.
« Microsoft traite aujourd’hui à 30 fois les bénéfices attendus à un an, alors que ce ratio dépassait les 60 en 1999. »
Enguerrand Artaz, stratégiste, La Financière de l’Échiquier (LFDE)
Cependant, il reconnaît que le poids du secteur technologique est aujourd’hui beaucoup plus important qu’en 2000.
Parallèlement, les cambistes se préparent à la publication, jeudi à 14h30, du rapport fédéral sur l’emploi de septembre (NFP – Non Farm Payrolls). Ce rapport, publié avec 48 jours de retard, sera scruté de près pour déterminer si le ralentissement de la création d’emplois observé précédemment est conjoncturel ou structurel. Xavier Chapard, stratégiste de LBP AM, estime que ces chiffres devraient confirmer une décélération de la croissance de l’emploi.
« Mais, le marché, comme la Fed, porteront beaucoup plus leur attention sur les chiffres de novembre qui seront publiés début décembre. »
Xavier Chapard, stratégiste de LBP AM
Il ajoute que la Réserve fédérale américaine ne devrait pas abaisser ses taux lors de la réunion du 10 décembre, sauf en cas de déception majeure, les conditions financières restant relativement accommodantes.
Sur le marché des changes, l’oblique haussière qui prévalait jusqu’à présent a été rompue, confirmant un signal négatif. La moyenne mobile à 20 jours a franchi à la baisse la trajectoire de sa consœur à 50 jours, accentuant l’écart entre ces deux indicateurs techniques. Les analystes de TradingSat recommandent une position vendeuse sur la parité euro/dollar (EURUSD) avec un point d’entrée à 1,1585 $, un objectif de cours à 1,1203 $ et un stop de protection à 1,1671 $. L’espérance de rentabilité de cette stratégie Forex est de 382 pips (points in percentage) et le risque de perte s’établit à 85,999999999999 pips.