Publié le 7 novembre 2025 à 01h08. La société d’exploitation du métro de la capitale roumaine, Metrorex, est confrontée à une crise financière majeure après la saisie de ses comptes bancaires par le fabricant français Alstom Transport SA, suite à un différend concernant la livraison de nouveaux trains.
- Alstom a saisi les comptes de Metrorex en raison de retards de livraison et de désaccords sur les pénalités et la garantie financière liés à la fourniture de 13 trains Metropolis.
- Deux cycles de négociations entre les parties se sont soldés par un échec, laissant présager une résolution du litige devant les tribunaux.
- La situation pourrait impacter le paiement des salaires des employés de Metrorex et d’autres obligations financières.
Le conflit porte sur un contrat de 103 244 383,49 euros HT (hors taxes) signé en décembre 2020 pour l’acquisition de 13 trains Metropolis destinés à la ligne M5 Drumul Taberei – Eroilor. La livraison était prévue dans un délai de 30 mois, soit un déploiement pour les passagers au premier semestre 2023. Cependant, les trains sont arrivés avec un retard considérable et, bien que partiellement livrés, n’ont pas encore obtenu les autorisations nécessaires de l’AFER (Autoritatea Feroviară Română, l’autorité ferroviaire roumaine) et sont officiellement toujours en phase de test.
Metrorex réclame à Alstom des pénalités de retard de livraison s’élevant à 1 089 348 euros, que le fabricant conteste. Parallèlement, un litige concerne la garantie de bonne exécution du contrat, d’un montant de 10 215 494 euros, que Metrorex accuse Alstom de refuser de rembourser. Le refus d’Alstom de compléter cette garantie a été interprété par Metrorex comme un risque immédiat pour l’exécution d’une nouvelle garantie de performance, ce qui a vraisemblablement déclenché la saisie des comptes.
Les tentatives de règlement amiable lors de deux réunions tenues les 9 et 23 octobre au siège de Metrorex se sont avérées infructueuses. Les documents consultés par le Buletin de Bucarest indiquent que les délais contractuels pour une solution amiable, fixés au 24 octobre 2025, sont désormais compromis.
Cette situation n’est pas sans précédent pour Metrorex. En juin 2024, la société italienne WeBuild, successeur de l’ex-Astaldi, avait déjà saisi les comptes de Metrorex pour une dette de 68 millions de lei plus TVA. À l’époque, le déblocage partiel des comptes avait été limité au paiement des salaires, les autres obligations financières restant suspendues. Cette précédente crise avait mis en lumière des décisions politiques remontant à 2013, où les fonds alloués à la construction de la ligne M5 avaient été drastiquement réduits, entraînant des retards et des litiges avec le constructeur.
La saisie des comptes d’Alstom pourrait avoir des conséquences immédiates sur la capacité de Metrorex à honorer ses engagements financiers, notamment le paiement des salaires de ses employés, dont l’avance est due le 27 de chaque mois et la liquidation le 12. Il est donc impératif que la situation soit débloquée avant le 12 novembre.
