Home NouvellesFrappes de bateaux de Trump : une grève ultérieure dans les Caraïbes était-elle un crime de guerre ?

Frappes de bateaux de Trump : une grève ultérieure dans les Caraïbes était-elle un crime de guerre ?

by Nicolas Lefèvre

L’administration américaine est sous le feu des critiques après des révélations concernant une opération militaire menée en septembre dernier contre des navires soupçonnés de trafic de drogue en mer des Caraïbes et dans le Pacifique. Des accusations de crime de guerre sont portées suite à des témoignages faisant état d’ordres de tirer sur tous les occupants des embarcations, même après leur neutralisation.

Le point de départ de cette controverse est une frappe du 2 septembre. Selon le quotidien The Washington Post, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, aurait donné l’ordre de « tuer tout le monde » à bord d’un navire ciblé. Hegseth affirme ne pas avoir été présent lors de la prise de décision et attribue l’ordre à l’amiral Frank Bradley.

Au total, au moins 83 personnes ont péri lors de ces opérations contre les « bateaux-drogues » lancées début septembre. Cependant, c’est l’incident du 2 septembre qui suscite l’inquiétude la plus vive, notamment en raison des questions soulevées quant au respect du droit international.

Selon les experts juridiques, l’élimination de personnes désarmées en mer, et a fortiori après la mise hors d’état de nuire de leur embarcation, constitue un crime de guerre, en violation du manuel de droit de la guerre du Pentagone. Le débat porte principalement sur l’identification de la personne ayant ordonné la frappe de suivi du 2 septembre.

Par ailleurs, la légalité même de ces opérations est remise en question. L’administration Trump n’aurait aucune base juridique pour mener de telles frappes. L’argument selon lequel les États-Unis seraient engagés dans un « conflit armé non international » avec les cartels de la drogue est largement rejeté par les juristes.

Le Congrès américain a ouvert une enquête bipartite sur les événements du 2 septembre. Les législateurs ont visionné une vidéo de l’attaque et entendu les témoignages de responsables militaires. Le représentant Jim Himes a qualifié ce qu’il a vu de « l’une des choses les plus troublantes de sa carrière dans la fonction publique ».

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