L’effervescence des achats de fin d’année, boostée par la flexibilité du Crédit Temporaire de Campagne (CTS), les fonds de la Caisse Française de Pension (AFP) et les primes de décembre, attire également les fraudeurs. Les cyberarnaques, en particulier le « smishing », sont en forte hausse au Pérou, profitant de l’engouement pour le commerce en ligne.
Selon les chiffres du parquet spécialisé en cybercriminalité, plus de 9 000 plaintes liées à la cybercriminalité, dont le smishing, ont été enregistrées entre janvier et mai 2025. Cela représente une moyenne de 100 cas par jour, avec Lima, Arequipa et Lambayeque en tête des signalements.
Le smishing consiste à inciter les victimes à cliquer sur de faux liens imitant des entreprises de messagerie ou des sites de commerce électronique, dans le but de dérober des données personnelles, des mots de passe bancaires ou des informations de carte de crédit. Les escrocs exploitent l’attente légitime des consommateurs concernant leurs commandes.
« Aujourd’hui, nous attendons presque tous une commande à ce moment-là, et c’est ce dont profitent les escrocs. Ils utilisent le nom d’entreprises de messagerie connues pour générer de l’urgence et faire agir la personne sans vérifier », explique Roberto Percca, responsable du développement des entrepreneurs et spécialiste du cabinet de conseil financier Mibanco.
Jimmy Armas, directeur du diplôme d’ingénierie en cybersécurité à l’UPC, met en garde contre les offres trop alléchantes diffusées sur Instagram, qui ne proviennent souvent pas de véritables commerces. Il recommande d’éviter de cliquer sur les liens reçus via les réseaux sociaux ou la messagerie instantanée.
« Les messages frauduleux proviennent généralement de numéros inconnus, de codes provenant de pays éloignés ou de liens qui redirigent vers des pages avec des adresses étranges ou mal orthographiées. C’est l’un des principaux signes d’une arnaque », précise Roberto Percca.
En cas de réception d’un SMS ou d’un message WhatsApp concernant une livraison en attente, des frais supplémentaires ou un problème d’adresse alors que vous n’avez pas commandé d’article, il est impératif de le supprimer immédiatement.
Pour se protéger, les experts conseillent de privilégier les achats sur des sites reconnus et disposant d’un Registre Unique des Contribuables (RUC), de canaux de service client clairs et de politiques de retour transparentes. Les fausses boutiques en ligne et les attaques de phishing, souvent présentées sous la forme de messages semblant provenir de banques ou d’entreprises de livraison, sont particulièrement fréquentes à cette période.
« Ces dernières sont généralement présentées par le biais de messages qui semblent provenir de banques, d’entreprises de livraison ou d’entités connues, demandant la vérification des données », explique Jimmy Armas.
Le phishing est considéré comme l’une des méthodes les plus dangereuses, car elle permet aux criminels d’accéder directement aux comptes bancaires ou aux cartes de crédit, ouvrant la voie à de multiples transactions non autorisées. Les experts estiment que la fraude numérique pourrait augmenter de 30 à 50 % pendant les campagnes commerciales comme Noël.
L’assurance et les mécanismes de protection des cartes de crédit constituent un rempart important, à condition que l’incident soit signalé rapidement. « Par exemple, en cas de consommation non reconnue, la banque peut bloquer la carte et gérer le retour de l’argent. Toutefois, ces assurances ne remplacent pas les bonnes pratiques de sécurité numérique, la prévention reste donc le facteur le plus important », souligne Jimmy Armas.
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