Publié le 29 septembre 2025 à 20h21. Une vague de reconnaissance de l’État palestinien gagne du terrain sur la scène internationale, coïncidant avec une pression croissante sur les gouvernements occidentaux pour mettre fin à la guerre à Gaza et envisager une solution durable au conflit israélo-palestinien.
- Plus de 150 pays reconnaissent désormais l’État palestinien, y compris plusieurs nations européennes.
- La reconnaissance accrue est alimentée par l’indignation face à la situation humanitaire à Gaza et par des manifestations populaires en Occident.
- Des initiatives américaines et françaises sont en cours pour trouver une solution post-guerre à Gaza, incluant la possibilité d’un nouveau gouvernement dans la bande.
Alors que l’Assemblée générale des Nations Unies se réunissait à New York, un mouvement significatif a émergé en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien. Cette dynamique, observée par l’apparition de drapeaux palestiniens dans les capitales européennes et occidentales, s’est accélérée après la guerre israélienne sur la bande de Gaza et les manifestations massives qui ont secoué des pays comme le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Portugal, la France, la Belgique, Malte, le Luxembourg, le Danemark, Monaco et Andorre. Ces protestations, faisant suite à des mouvements similaires en Espagne, en Irlande et en Norvège, témoignent d’une colère grandissante face à la situation à Gaza.
Jusqu’à récemment, les pays européens et occidentaux affirmaient soutenir une solution à deux États comme voie vers la paix au Moyen-Orient, sans pour autant remettre en question leurs alliances avec Israël et les États-Unis. Cependant, la poursuite de la guerre israélienne dans la bande de Gaza a modifié la donne. La gravité de la catastrophe humanitaire et de la famine à Gaza, documentée par les institutions internationales, a accru la pression pour une reconnaissance formelle de l’État palestinien. Les gouvernements occidentaux sont confrontés à une opinion publique de plus en plus critique, accusant leurs dirigeants d’être “complices” des événements à Gaza, ce qui a engendré des troubles internes et des manifestations persistantes.
Aujourd’hui, 157 pays sur 193 membres des Nations Unies reconnaissent l’État palestinien. Cette reconnaissance s’étend désormais aux pays membres du G7, à l’exception notable des États-Unis, seul membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU à ne pas avoir pris cette décision. Cette évolution pourrait être renforcée par les négociations en cours pour un cessez-le-feu à Gaza, d’autant plus que les récentes reconnaissances proviennent de pays traditionnellement proches d’Israël, révélant ainsi l’isolement croissant de la position américaine sur la scène internationale.
La reconnaissance de l’État palestinien pourrait également avoir des implications concrètes. Elle pourrait renforcer la position palestinienne dans les négociations futures, freiner la politique de colonisation en Cisjordanie et même conduire à un réexamen des accords commerciaux entre l’Union européenne et Israël. Elle ouvre également la voie à des poursuites judiciaires contre les dirigeants et ministres israéliens.
Parallèlement, des initiatives internationales, notamment américaines et françaises, sont en cours pour définir les contours d’un avenir post-guerre à Gaza. Des discussions ont eu lieu, notamment entre le président américain Donald Trump et des dirigeants de Gaza, concernant la possibilité de mettre fin au conflit, de former un nouveau gouvernement dans la bande de Gaza et de réviser les accords existants.
Il est impératif que la communauté internationale passe aux actes, car Israël ne mettra pas fin à la guerre à Gaza sans pression extérieure. La reconnaissance de l’État palestinien, bien qu’étant une étape positive pour corriger une injustice historique, ne suffit pas. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour mettre fin aux hostilités, limiter l’expansion des colonies et s’engager sérieusement dans une solution à deux États, condition sine qua non pour la stabilité au Moyen-Orient.
Pour aller plus loin
