Publié le 19 décembre 2023 11h15. Un vétéran de la Garda, souffrant d’asthme sévère, accuse ses supérieurs de discrimination après avoir été rappelé en service au plus fort d’une vague hivernale de Covid-19 en 2022. L’affaire, examinée par la Commission des relations du travail (WRC), met en lumière les tensions entre les obligations légales envers les employés handicapés et les impératifs opérationnels de la police irlandaise.
- Un agent de la Garda affirme avoir été contraint de reprendre le travail en personne malgré un avis médical lui recommandant de s’isoler en raison de son asthme.
- L’État conteste les allégations de discrimination, arguant que des mesures de protection adéquates étaient en place et que les exigences de service étaient justifiées.
- La défense de l’agent souligne le courage de celui-ci de défier une culture du travail réputée rigide au sein de la Garda.
Joseph Joyce, membre des forces de l’ordre depuis 2000, a déposé une plainte auprès de la Commission des relations du travail (WRC) pour discrimination, harcèlement et victimisation liés à son handicap, en violation de la loi sur l’égalité en matière d’emploi de 1998. L’affaire a donné lieu à neuf jours d’audience.
Selon les avocats de Gda Joyce, lorsqu’il était affecté au poste de Longford en 2020, son état de santé le plaçait dans une catégorie à haut risque en cas de contamination par le Covid-19. Son médecin lui avait conseillé de s’isoler, mais cette recommandation aurait été ignorée par la direction locale lorsqu’elle lui a ordonné de reprendre le travail le 1er janvier 2022.
L’État rejette ces accusations, affirmant que des « mesures appropriées » étaient en place pour protéger Gda Joyce et ses collègues. L’avocat de l’État, Dylan West, a souligné l’existence d’un protocole de sécurité et a remis en question la perception de l’agent quant aux risques encourus. Il a également mis en avant le « statut spécial » de la Garda et la nécessité de préserver sa capacité opérationnelle.
Lors de son témoignage, Gda Joyce a relaté avoir informé ses supérieurs de son intention de continuer à travailler à domicile sur la base d’un avis médical. Il a affirmé qu’un officier supérieur lui avait demandé, la veille du Nouvel An, de fournir un rapport d’un médecin spécialiste ou de se présenter au travail dès 7 heures du matin le lendemain. Il a ensuite été affecté à une patrouille à pied dans la ville de Longford, malgré une promesse initiale de ne pas être en contact avec le public.
« J’ai été horrifié, pour vous dire la vérité. »
Gda Joyce
L’agent a également dénoncé le manque de matériel de protection adéquat au poste de police, notamment des bouteilles de désinfectant vides et l’absence de lingettes pour nettoyer le matériel informatique. Il a également affirmé avoir été envoyé en patrouille sans radio fonctionnelle, ce qu’il considère comme une violation du protocole.
L’avocat de l’État a contesté ces affirmations, soulignant que le surintendant Seamus Boyle, aujourd’hui retraité, avait clairement indiqué qu’il n’avait jamais dit à Gda Joyce qu’il éviterait tout contact avec le public. Il a également souligné le témoignage de l’inspecteur Boland, qui a affirmé que l’agent avait bien reçu une radio de service ce jour-là.
La défense de Gda Joyce a mis en lumière un échange particulièrement révélateur lors du témoignage du surintendant Boyle, qui, interrogé sur la possibilité d’aménagements raisonnables, avait demandé :
« Où tracez-vous la limite entre le cancer et un rhume ? »
Surintendant Seamus Boyle
. L’avocate de Gda Joyce, Emma Davey, a interprété cette remarque comme un « rejet complet » du handicap de son client.
Mme Davey a également souligné le courage de Gda Joyce de défier une culture du travail réputée rigide au sein de la Garda, et a interrogé sur les conséquences pour la société si l’État ne respectait pas ses propres lois :
« Si un organisme d’État ne fait pas respecter la loi, qu’est-ce que cela constitue un exemple pour la société ? »
Emma Davey BL
La WRC examinera les arguments des deux parties avant de rendre sa décision dans cette affaire d’égalité.
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