Publié le 14 octobre 2025 à 12h21. Google investit 15 milliards de dollars dans la création d’un centre de données d’une capacité de 1 gigawatt (1 000 mégawatts) et d’un centre d’intelligence artificielle en Inde, une initiative qui intervient alors que New Delhi cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains.
- Google va construire un centre de données dans la ville portuaire de Visakhapatnam, dans l’État d’Andhra Pradesh.
- Cet investissement, le plus important jamais réalisé par Google en Inde, s’étale sur cinq ans, jusqu’en 2030.
- Le gouvernement indien encourage activement le développement d’alternatives locales aux produits et services américains.
L’annonce, faite mardi, marque une nouvelle étape dans l’engagement de Google en Inde, où l’entreprise emploie déjà 14 000 personnes et opère des régions cloud à Delhi et Mumbai. Thomas Kurian, PDG de Google Cloud, a précisé que le nouveau centre d’IA deviendrait le plus grand investissement de l’entreprise en dehors des États-Unis et qu’il pourrait atteindre une capacité de « plusieurs gigawatts » à terme. Il s’inscrit dans un réseau mondial de douze centres d’IA.
Ce projet intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Inde et les États-Unis. En août dernier, l’administration Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur certaines importations indiennes selon le New York Times. En réponse, le Premier ministre Narendra Modi a appelé à privilégier les produits « swadeshi » (fabriqués en Inde) comme l’a rapporté l’Economic Times. Des législateurs et ministères indiens ont depuis promu des alternatives locales aux produits Google, notamment des solutions proposées par Zoho Corporation et MapMyIndia.
Google prévoit également d’étendre son infrastructure de câbles sous-marins à Visakhapatnam, en s’associant avec le fournisseur de télécommunications indien Bharti Airtel pour la construction du centre de données et de la station d’atterrissage du câble. L’entreprise a également conclu un partenariat avec AdaniConneX, une filiale du groupe Adani, pour la mise en place de l’infrastructure du centre de données.
Selon Thomas Kurian, le hub d’IA offrira une « pile complète de solutions », incluant des unités de traitement tensoriel (TPU) personnalisées pour le traitement local de l’IA, ainsi que l’accès aux modèles d’IA de Google, dont Gemini, et à sa plateforme de création d’agents et d’applications. Les services grand public tels que la recherche Google, YouTube, Gmail et Google Ads seront également pris en charge.
« Nous considérons ce hub non seulement comme un atout pour l’Inde, mais aussi comme un moyen pour l’Inde de rayonner en Asie et dans le reste du monde. »
Thomas Kurian, PDG de Google Cloud
Le choix de Visakhapatnam, dans l’Andhra Pradesh, n’est pas fortuit. L’État, dirigé par le ministre en chef N. Chandrababu Naidu, a déjà attiré des investissements d’Oracle et de Microsoft comme le souligne Business Standard. Naidu, un allié politique clé qui a soutenu le retour au pouvoir de Modi lors des dernières élections générales, joue un rôle important dans les discussions politiques nationales.
Ashwini Vaishnaw, le ministre indien de l’Informatique, a salué l’initiative, affirmant qu’elle contribuerait de manière significative aux objectifs de la mission indienne en matière d’IA. Il a également encouragé Google à envisager les îles Andaman comme une future plateforme majeure pour le transfert mondial de données sur Internet, estimant que Singapour était désormais trop congestionné, et a assuré à l’entreprise le soutien total du gouvernement. Il a également proposé de relier Visakhapatnam à Sittwe, en Birmanie, afin d’améliorer la connectivité dans les États du nord-est de l’Inde.
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