Home NouvellesGuerre en Ukraine – Les pertes de la Russie en Ukraine sont cinq fois supérieures aux pertes des forces armées ukrainiennes – UNIAN

Guerre en Ukraine – Les pertes de la Russie en Ukraine sont cinq fois supérieures aux pertes des forces armées ukrainiennes – UNIAN

by Nicolas Lefèvre

Publié le 17 octobre 2025 18:32. L’offensive estivale russe en Ukraine a échoué, infligeant des pertes considérables à Moscou et remettant en question la stratégie de Vladimir Poutine, qui semble à court d’options, selon une analyse approfondie de The Economist.

  • L’offensive russe de l’été 2025 a abouti à des gains territoriaux minimes malgré des pertes estimées entre 640 000 et 1,438 million de soldats, dont 190 000 à 480 000 morts.
  • Le rapport entre les pertes ukrainiennes et russes est de plus en plus favorable à l’Ukraine, avec environ cinq soldats russes tués pour chaque soldat ukrainien.
  • Les analystes estiment que, au rythme actuel, la Russie ne pourrait contrôler l’ensemble des territoires de Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporojie qu’en juin 2030, et la conquête de l’Ukraine entière prendrait plus d’un siècle.

L’offensive russe lancée cet été en Ukraine s’est soldée par un échec, avec des gains territoriaux dérisoires et des pertes humaines et matérielles considérables, révèle une analyse publiée par The Economist. Les auteurs s’étonnent de l’attention portée en Occident aux difficultés de recrutement de l’armée ukrainienne, alors que le bilan de l’offensive russe est beaucoup plus préoccupant.

« C’est une perspective erronée. Ce qui est plus frappant, c’est le peu de territoire conquis par la Russie lors de sa troisième et plus grande offensive, et le prix terrible qu’elle a payé en hommes et en matériel. À moins que quelque chose ne change radicalement, Vladimir Poutine ne sera pas en mesure de gagner la guerre sur le champ de bataille. Le fait qu’il continue malgré tout d’essayer, suggère qu’il est à court d’idées. »

The Economist

L’analyse de The Economist s’appuie sur l’étude d’environ 200 estimations fiables des pertes russes provenant de gouvernements occidentaux et de chercheurs indépendants. Ces données indiquent que les pertes cumulées de la Russie, depuis le début de l’invasion à grande échelle jusqu’en janvier 2025, se situent entre 640 000 et 877 000 soldats, dont 137 000 à 228 000 morts. Au 13 octobre 2025, ces chiffres ont augmenté à 984 000 à 1 438 000 pertes totales, dont 190 000 à 480 000 morts.

Même en tenant compte des gains territoriaux limités réalisés par la Russie cette année, l’ampleur de la tâche pour contrôler l’ensemble des territoires contestés est immense. Selon les estimations, la prise de contrôle complète des oblasts de Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporojie ne pourrait intervenir qu’en juin 2030. La conquête de l’ensemble de l’Ukraine nécessiterait, au rythme actuel, plus de cent ans.

Parallèlement, The Economist ne prévoit pas d’effondrement imminent de la défense ukrainienne, en raison de la nature même des combats. La menace constante des drones empêche la concentration de forces importantes en un seul point, rendant toute percée stratégique difficile à réaliser.

L’article souligne également le déséquilibre significatif dans le rapport des pertes entre les deux camps. Les données sur les pertes ukrainiennes sont moins nombreuses, mais le site UALosses, qui se base sur les nécrologies publiques, a recensé 77 403 morts parmi les soldats ukrainiens et 77 842 disparus au combat. Une tendance à la baisse du nombre de décès a été observée au cours de la dernière année, avec seulement 8 668 avis de décès enregistrés depuis l’automne dernier.

Même en considérant une estimation prudente et en doublant les statistiques de UALosses, le rapport des pertes reste très favorable à l’Ukraine. En 2025, environ cinq soldats russes seraient tués pour chaque soldat ukrainien.

« À ce rythme, les ressources humaines pourraient bientôt devenir une contrainte plus grande pour la Russie que pour l’Ukraine. Lorsque l’offensive a commencé, les Russes ont été attirés par de généreuses primes à l’enrôlement, et le recrutement de M. Poutine a dépassé celui de l’Ukraine de 10 000 à 15 000 par mois. Mais les lourdes pertes de la Russie cet été ont probablement effacé cet avantage. »

The Economist

Ces conclusions interviennent alors que des questions persistent sur la motivation et l’efficacité des forces russes. Comme l’a rapporté UNIAN, le commandant du 429e régiment distinct de systèmes sans pilote “Achille”, Yuriy Fedorenko, a souligné que la désertion massive dans l’armée ukrainienne est liée à un manque de communication efficace de l’État, créant un sentiment que la mobilisation équivaut à une condamnation à mort.

Par ailleurs, la marine ukrainienne a détruit pour la première fois un drone naval russe en mer, un événement qui, selon les analystes, témoigne des progrès de la Russie dans le développement de ce type d’armement.

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