Publié le 5 janvier 2026 à 15h35. L’Argentine est confrontée à une recrudescence de l’hantavirus, une maladie virale potentiellement mortelle, avec un nombre de décès en 2025 déjà supérieur à celui des années précédentes. Le décès d’un adolescent dans la province de Buenos Aires a relancé l’inquiétude.
- Un adolescent de 14 ans est décédé de l’hantavirus dans la province de Buenos Aires.
- Le nombre de cas et de décès liés à l’hantavirus a augmenté en Argentine en 2025.
- Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre l’hantavirus, la prévention est donc essentielle.
L’Argentine connaît une augmentation inquiétante des cas d’hantavirus, une maladie virale rare mais grave, transmise par les rongeurs. Le décès de Rodrigo Morinigo, un jeune homme de 14 ans originaire de San Andrés de Giles, dans la province de Buenos Aires, a mis en lumière cette situation préoccupante. Le diagnostic a été confirmé par les autorités municipales le 2 janvier, et le décès est survenu tôt le matin du 3 janvier, selon les informations officielles.
Selon les données du ministère national de la Santé, le nombre de cas a progressé en 2025. Le dernier bulletin épidémiologique national, publié le 29 décembre, faisait état de 21 décès dans tout le pays. Ce chiffre a ensuite augmenté avec le décès d’une femme dans la province de Santa Fe, portant le nombre total de décès à au moins 22 pour l’année 2025.
Rodrigo Morinigo résidait dans une zone rurale et avait initialement été pris en charge à l’hôpital de San Andrés de Giles. Son état s’étant aggravé, il a été transféré à l’hôpital général interzonal de soins aigus de San José de Pergamino, où il est décédé, selon le média local Infocité.
Le ministère de la Santé a confirmé le cas par des analyses de laboratoire, bien que l’endroit exact de la contamination n’ait pas encore été déterminé, ont indiqué les autorités. San Andrés de Giles avait déjà enregistré des cas en 2019 et 2020, également liés à des zones rurales, mais aucun décès n’avait été signalé jusqu’à cette semaine.
L’hantavirus est une zoonose virale, c’est-à-dire une maladie transmise de l’animal à l’homme. La transmission se fait principalement par contact avec l’urine, la salive ou les excréments de rongeurs sauvages, notamment la souris à longue queue. Les particules virales peuvent pénétrer dans l’organisme par inhalation, en particulier lors du nettoyage de lieux clos comme les maisons rurales ou les entrepôts.
Le ministère de la Santé de la Nation précise que les premiers symptômes comprennent une fièvre supérieure à 38°C, des douleurs musculaires, des maux de tête, des nausées, des vomissements et de la diarrhée. À un stade avancé, la maladie peut entraîner une insuffisance respiratoire aiguë et un choc cardiogénique.
En 2025, 72 cas confirmés et 22 décès ont été recensés en Argentine, ce qui représente un taux de mortalité de 29,2 %. Ce chiffre est plus du double de la moyenne des quatre années précédentes, qui était de 15,4 %. Le centre du pays concentre 64 % des cas, le nord-ouest 21 %, le sud 11 % et le nord-est 5 %. La province de Santa Fe a enregistré 13 diagnostics et trois décès, tandis que Salta compte douze infections et cinq décès, selon la Direction d’épidémiologie et le ministère provincial de la Santé publique.
Le schéma épidémiologique montre que la plupart des infections surviennent entre septembre et avril, avec un pic entre novembre et janvier. Le bulletin épidémiologique national indique que 55 % des personnes infectées ont eu un contact direct avec des rongeurs ou leurs excréments, 35 % résidaient en zone rurale et 32 % ont exercé des activités en zone rurale ou sauvage.
En l’absence de vaccin ou de traitement antiviral spécifique, les autorités sanitaires de San Andrés de Giles et le ministère de la Santé de la Nation insistent sur l’importance de la prévention. Elles recommandent d’éviter tout contact avec les rongeurs, de calfeutrer les habitations pour empêcher leur entrée et de nettoyer les sols, les murs et les meubles avec des solutions désinfectantes.
Il est également conseillé de localiser les jardins et le bois de chauffage à plus de trente mètres de la maison, de maintenir l’herbe courte et d’aérer les espaces clos avant de les nettoyer. En camping, il est recommandé de choisir des endroits éloignés des mauvaises herbes et des dépôts d’ordures, de ne pas dormir directement sur le sol et de consommer uniquement de l’eau potable.
Les autorités sanitaires maintiennent une surveillance épidémiologique des contacts des cas confirmés, dans le cadre du contrôle sanitaire. L’élimination des sources de rongeurs et l’amélioration de l’assainissement environnemental restent les mesures les plus efficaces pour réduire le risque de nouvelles infections.
