Une interdiction mondiale de fabrication et de commerce des amalgames dentaires contenant du mercure est désormais en vigueur, marquant une étape cruciale dans la lutte contre la pollution par cette substance toxique. Adoptée par les Nations Unies le 7 novembre 2025, cette mesure entrera pleinement en application le 1er janvier 2035.
L’Union européenne a pris les devants, interdisant déjà l’utilisation et l’exportation de ces amalgames depuis le 1er janvier 2025. La réglementation européenne révisée vise à éliminer les dernières utilisations intentionnelles du mercure, conformément à l’objectif d’un environnement exempt de substances dangereuses. Elle stipule que les matériaux de plombage dentaire doivent être exempts de mercure, sauf dans des cas médicalement justifiés par un professionnel de santé. Certains États membres pourront bénéficier d’une dérogation temporaire jusqu’au 30 juin 2026 pour faciliter l’adaptation.
Au-delà des soins dentaires, le nouveau règlement européen s’applique également à d’autres produits contenant du mercure, notamment certains types de lampes, qui devront être progressivement retirés du marché d’ici fin 2025 ou 2026, selon leur catégorie. Ils seront remplacés par des alternatives moins nocives, comme les diodes électroluminescentes (LED). La Commission européenne (CE) publiera également d’ici la fin de 2025 des directives visant à réduire les émissions de mercure provenant des crématoires.
Cette décision s’inscrit dans la continuité des efforts déployés pour limiter l’utilisation du mercure, une substance reconnue pour ses effets néfastes sur la santé humaine et l’environnement. La CE avait déjà adopté, le 14 juillet 2023, une proposition de révision du règlement sur le mercure, s’appuyant sur la réglementation existante de 2017 qui couvre l’ensemble du cycle de vie du mercure, de l’extraction à l’élimination des déchets.
Lors de la sixième Conférence des parties à la Convention de Minamata sur le mercure, plusieurs pays, dont les États-Unis, ont plaidé pour une interdiction mondiale des amalgames dentaires au mercure d’ici 2030. Le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., a souligné l’urgence d’agir, déclarant : « Il est inacceptable de continuer à utiliser du mercure en dentisterie alors que des alternatives sûres sont disponibles. »
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère le mercure comme un danger majeur pour la santé publique et a déjà encouragé plusieurs pays à restreindre son utilisation dans les plombages. Cependant, certains États continuent d’autoriser son emploi. Lors de la Convention de Minamata, des pays africains ont même proposé une approche plus stricte, appelant à l’interdiction totale de la production, de l’importation et de l’exportation d’amalgames dentaires à base de mercure dès 2030. Cette proposition s’est heurtée à l’opposition de pays comme le Royaume-Uni, l’Inde et l’Iran, qui ont invoqué des considérations de coût et de viabilité des alternatives.
La Convention de Minamata, en vigueur depuis 2017, engage ses signataires à éliminer progressivement le mercure dans les applications dentaires, tout en assurant une gestion sûre de son élimination.
