Les autorités australiennes ont émis une alerte concernant des lots contrefaits du vaccin antirabique Abhayrab, utilisés en Inde depuis novembre 2023, craignant une protection insuffisante contre la rage chez les personnes vaccinées. Cette situation invite à la prudence pour les voyageurs ayant reçu ce vaccin sur le territoire indien.
L’avis, publié par le Groupe consultatif technique australien sur l’immunisation (ATAGI), concerne spécifiquement les individus ayant été vaccinés en Inde à partir du 1er novembre 2023 avec Abhayrab ou un vaccin antirabique dont la marque est inconnue. ATAGI recommande à ces personnes de consulter un professionnel de santé afin de recevoir des doses de remplacement avec des vaccins homologués en Australie, tels que Rabipur ou Verorab.
Ceux ayant suivi une vaccination complète contre la rage dans d’autres pays, dont l’Australie, ou disposant d’une preuve documentée d’un autre vaccin, ne sont pas concernés par cette alerte.
Indian Immunologicals Ltd (IIL), le fabricant d’Abhayrab, a réagi en qualifiant l’alerte d’« excessivement prudente et déplacée ». Selon l’entreprise, un seul lot a présenté une anomalie d’emballage en janvier 2025 et a été immédiatement retiré du marché. IIL insiste sur le fait que tous ses vaccins authentiques sont soumis à des tests rigoureux et approuvés par le Laboratoire central des médicaments avant leur distribution. La société rappelle qu’Abhayrab est fabriqué depuis l’an 2000 et a permis de distribuer plus de 210 millions de doses en Inde et dans 40 autres pays.
En juillet dernier, le Dr Manoj Murhekar, de l’Institut national d’épidémiologie de l’ICMR, a fait état d’une diminution de 75 % des décès liés à la rage en Inde. Le gouvernement indien s’est fixé pour objectif l’élimination des décès dus à la rage d’ici 2030, grâce à une vaccination massive des chiens et à un meilleur accès aux vaccins et aux traitements par anticorps monoclonaux pour les humains.
« Notre objectif est de garantir que les vaccins antirabiques soient disponibles dans tous les hôpitaux du pays », a déclaré le Dr Murhekar, soulignant l’importance de renforcer la prévention et les soins d’urgence.