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Hollywood pousse OpenAI à obtenir son consentement

by Amélie Bernard

Publié le 20 octobre 2025 à 20h49. Face aux inquiétudes grandissantes d’Hollywood et des syndicats d’acteurs, OpenAI a annoncé de nouvelles mesures pour encadrer l’utilisation de son outil de création vidéo par intelligence artificielle, Sora 2, afin de protéger les droits d’auteur et l’image des artistes.

  • OpenAI met en place une politique d’« adhésion » permettant aux artistes de contrôler la simulation de leur image.
  • Des vidéos générées par l’IA, reprenant des personnalités historiques ou des œuvres protégées, ont suscité une vive controverse.
  • Les agences artistiques et le syndicat SAG-AFTRA soutiennent une législation fédérale visant à lutter contre les utilisations abusives de l’IA.

La technologie Sora 2, capable de générer des vidéos et des fichiers audio réalistes à partir de simples descriptions textuelles ou d’images, a rapidement soulevé des questions éthiques et juridiques. Si OpenAI promettait de nouvelles « possibilités créatives », l’outil a été utilisé pour produire des contenus controversés, notamment des fausses vidéos mettant en scène des figures emblématiques dans des situations inédites et parfois choquantes.

L’actrice Chaley Rose, connue pour son rôle dans la série Nashville, exprime son inquiétude :

« C’est à la fois fascinant et effrayant. Les gens peuvent s’approprier le travail des acteurs, notre vulnérabilité et notre art, pour entraîner des personnages virtuels. Je ne voudrais pas que mon image soit diffusée sans mon consentement, ou que je perde le contrôle de ma propre performance. »

Les premières alertes ont été lancées par les grandes agences artistiques d’Hollywood. L’agence United Talent Agency a publié un communiqué affirmant : « Rien ne saurait remplacer le talent humain dans notre industrie, et nous continuerons à défendre sans relâche les intérêts de nos clients pour garantir leur protection. L’exploitation de la propriété intellectuelle et de l’image de nos clients sans consentement, sans crédit ni compensation n’est pas une innovation, mais une exploitation. » La Creative Artists Agency a publié une mise en garde similaire la semaine dernière.

La Californie a déjà pris les devants en adoptant une loi exigeant le consentement des acteurs et des interprètes pour l’utilisation de leurs répliques numériques. SAG-AFTRA, qui représente également de nombreux employés de NPR, et les agences artistiques soutiennent désormais une proposition de loi fédérale, baptisée « NO FAKES », visant à renforcer cette protection.

Plusieurs vidéos créées avec Sora 2 ont utilisé du matériel protégé par le droit d’auteur. Un exemple particulièrement frappant est une vidéo montrant le personnage de dessin animé Bob l’éponge impliqué dans des activités illégales. La Motion Picture Association a dénoncé la prolifération de vidéos portant atteinte aux films, aux séries et aux personnages de ses membres sur la plateforme OpenAI et les réseaux sociaux.

Duncan Crabtree-Ireland, directeur exécutif national de SAG-AFTRA, a déclaré à NPR : « Il est impossible pour les détenteurs de droits de contrôler toutes les utilisations potentielles de leur matériel. C’est un moment d’inquiétude et de danger pour l’ensemble de l’industrie du divertissement, et pour tous les Américains, en réalité. »

OpenAI a réagi en annonçant une politique d’« adhésion » qui donnera aux artistes, aux interprètes et aux individus le droit de contrôler la simulation de leur image. L’entreprise s’engage à bloquer la génération de personnages célèbres sur son flux public et à supprimer tout contenu non conforme. OpenAI a déjà supprimé des fausses vidéos de Martin Luther King Jr. suite aux protestations de sa succession, qui dénonçait des « représentations irrespectueuses » du leader des droits civiques.

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