Home NouvellesHorreurs du « massacre par black-out » en Iran : exécutions dans les rues, corps entassés et « lumières éteintes »

Horreurs du « massacre par black-out » en Iran : exécutions dans les rues, corps entassés et « lumières éteintes »

by Nicolas Lefèvre

La répression sanglante des manifestations en Iran s’intensifie, marquée par une coupure d’internet de plus de 100 heures et des accusations de violations massives des droits humains. Des témoignages glaçants émergent, évoquant des exécutions sommaires, des morgues submergées et une population coupée du monde, tandis que le régime tente d’étouffer toute information sur la violence.

Selon des responsables iraniens, au moins 2 000 personnes ont perdu la vie dans les manifestations qui secouent le pays depuis la semaine dernière, les plus importantes contestations du régime depuis des années. Les forces de sécurité ont réprimé brutalement les protestataires, tirant sur la foule et utilisant des matraques, selon des sources sur le terrain. Des images circulent, bien que difficilement vérifiables en raison de la censure, montrant des familles cherchant désespérément leurs proches parmi les corps dans les morgues.

L’accès à internet, coupé depuis le 8 janvier, est au cœur des préoccupations. Rebecca White, chercheuse chez Amnesty International, souligne l’importance cruciale de la connectivité en période de crise : « Bloquer délibérément l’accès à Internet, comme c’est le cas maintenant en Iran depuis plus de 100 heures, nie l’accès à un éventail de droits de l’homme et constitue en soi une grave violation. » Elle explique que cette coupure empêche l’accès aux soins médicaux d’urgence, aux informations vitales et entrave la collecte de preuves des abus commis.

« À ce stade, l’accent d’Amnesty est sur la collecte et la vérification des informations, et cela est rendu exponentiellement plus difficile en raison de la fermeture », a-t-elle ajouté. « C’est tout à fait intentionnel. Que faites-vous si vous voulez écraser brutalement les manifestations de masse et éviter tout contrôle et toute responsabilité ? »

Parmi les victimes identifiées, Rubina Aminian, une étudiante en mode de 23 ans, a été abattue alors qu’elle rejoignait les manifestants à Téhéran le 8 janvier. Erfan Soltani, un autre manifestant, doit être pendu demain, sans bénéficier de l’assistance d’un avocat.

Face à cette situation, le président américain Donald Trump a menacé Téhéran de sanctions et d’une intervention militaire. Il a annulé les entretiens avec des responsables iraniens et a déclaré : « L’aide est en chemin. » Il a également appelé les manifestants à « continuer à protester » et a promis que les responsables de la répression « paieront un lourd tribut ». Trump a annoncé l’imposition immédiate de droits de douane de 25 % sur les produits iraniens.

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, a salué les manifestations pro-gouvernementales organisées lundi, qualifiant les protestataires de « mercenaires traîtres » et accusant les États-Unis de chercher à déstabiliser le pays. La télévision d’État a diffusé des images de manifestants scandant « Mort à l’Amérique ! » et « Mort à Israël ! » Le procureur général iranien a averti que toute participation aux manifestations serait considérée comme un acte d’inimitié envers Dieu, passible de la peine de mort.

Amnesty International a documenté des crimes relevant du droit international commis par les autorités iraniennes, notamment des meurtres, des tortures, des viols et des disparitions forcées. L’organisation dénonce un climat d’impunité systémique et rappelle que des fermetures d’internet similaires ont été utilisées dans d’autres pays, comme le Soudan, l’Afghanistan, le Pakistan, la Biélorussie, le Myanmar et l’Inde, pour réprimer les mouvements de contestation.

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