La crise du détroit d’Ormuz bouleverse les marchés énergétiques mondiaux en 2026, propulsant la demande mondiale de charbon à un niveau record de 8,94 milliards de tonnes selon l’Agence internationale de l’énergie et faisant bondir les exportations d’Afrique australe.
La flambée des prix pétroliers et la renaissance du charbon africain
Depuis le mois de février 2026, les tensions géopolitiques et le blocus du détroit d’Ormuz ont entraîné des perturbations massives dans les approvisionnements en gaz naturel liquéfié et en pétrole. Le Brent, qui oscillait autour de 60 dollars à l’automne 2025, a frôlé les 126 dollars en mars avant d’évoluer autour de 100 dollars au début du mois d’octobre. Cette envolée des coûts énergétiques a immédiatement pénalisé les pays importateurs, tout en redessinant la carte des flux commerciaux.
Face à la rareté et à la cherté du gaz, de nombreux pays développés se sont tournés vers le charbon comme solution immédiate de substitution pour alimenter leurs centrales électriques. Cette transition d’urgence profite directement aux producteurs d’Afrique australe, dont les exportations ont connu une accélération fulgurante.

Des volumes historiques d’exportation pour l’Afrique du Sud et le Mozambique
Les chiffres du secteur maritime témoignent de cette mutation des marchés. Sur les huit premiers mois de l’année 2026, les exportations combinées de charbon en provenance d’Afrique du Sud et du Mozambique ont franchi le seuil des 60 millions de tonnes métriques, constituant une étape historique selon les analyses de courtage maritime.
Cette dynamique sectorielle affiche un taux de croissance de 11 %, contrastant fortement avec une tendance mondiale globale établie à 3 %. Dionisios Tsilioris, analyste chez Ursa Shipbrokers basé en Grèce, qualifie ce résultat de très important et très significatif, soulignant qu’il s’agit des volumes les plus élevés enregistrés sur les dix dernières années d’après les données de suivi des navires. Cette performance s’explique également, selon sa collègue Ioanna Matsouka, par la mise en place de quotas d’exportation de charbon par l’Indonésie, qui est le premier exportateur mondial, conjuguée aux perturbations des expéditions de GNL dans le détroit d’Ormuz.

Investissements massifs et tensions environnementales en Tanzanie
Si ces projets génèrent des profits records pour les entreprises du secteur, les organisations de protection de la nature les dénoncent fermement. Richard Senkondo déplore que cette initiative sape l’engagement du gouvernement dans ses objectifs de décarbonation, dans un contexte où le phénomène El Niño s’apprête à toucher durement le continent africain.
Les prévisions mondiales de l’Agence internationale de l’énergie
L’Agence internationale de l’énergie a révisé ses perspectives à l’échelle planétaire pour intégrer ces bouleversements géopolitiques. L’organisation anticipe désormais une hausse de 1,2 % de la demande mondiale de charbon en 2026, portant la consommation totale à un sommet de 8,94 milliards de tonnes. Cette trajectoire reste toutefois suspendue à l’évolution de la situation dans le golfe Persique et au maintien de prix élevés pour le gaz naturel.