Publié le 8 octobre 2025 à 23h24. L’annonce du prix Nobel de la paix approche, et si Donald Trump a publiquement affiché son désir de le recevoir, les experts interrogés estiment que ses chances sont minces, voire inexistantes.
- Donald Trump a à plusieurs reprises exprimé son souhait de recevoir le prix Nobel de la paix.
- Des experts estiment qu’il est peu probable qu’il reçoive le prix cette année, notamment en raison des délais de nomination et de la nature de ses actions en matière de médiation.
- Certains suggèrent que le Comité Nobel pourrait récompenser des acteurs impliqués dans la justice internationale et la lutte contre les crimes de guerre.
Donald Trump n’a pas caché son ambition de figurer parmi les lauréats du prix Nobel de la paix. L’ancien président américain a régulièrement souligné son rôle dans la résolution de conflits et a laissé entendre qu’il méritait cette prestigieuse reconnaissance. Plusieurs nominations ont d’ailleurs été déposées en son nom, notamment par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev.
Selon Erik Åsard, professeur émérite d’études nord-américaines, cette quête du prix Nobel s’explique par un désir de reconnaissance personnelle.
« Il aimerait avoir autant de récompenses et de succès que possible. Le prix Nobel, et surtout le prix de la paix, a un éclat particulier, notamment aux États-Unis. »
Erik Åsard, professeur émérite d’études nord-américaines
Åsard souligne également l’importance de l’ego de Trump dans cette démarche :
« Il pense qu’il mérite toutes les récompenses largement disponibles. Il a une très haute idée de lui-même et considère qu’il va de soi qu’il mérite ce prix. »
Erik Åsard, professeur émérite d’études nord-américaines
Cependant, les perspectives de Trump semblent bien faibles aux yeux des spécialistes. Isak Svensson, professeur au Département de recherche sur la paix et les conflits de l’Université d’Uppsala, explique que les délais de nomination rendent une récompense cette année improbable.
« Il est extrêmement improbable qu’il reçoive le Prix de la Paix cette année. La période de nomination a expiré fin janvier. Il s’agirait alors de le récompenser pour ses efforts durant sa première administration ou, éventuellement, pour ses actions en janvier. Or, les efforts de janvier, concernant la médiation à Gaza, n’ont pas abouti. »
Isak Svensson, professeur au Département de recherche sur la paix et les conflits de l’Université d’Uppsala
Svensson nuance également les affirmations de Trump concernant la résolution de conflits.
« Là, on peut légitimement s’interroger sur le rôle réel de Donald Trump dans les processus de médiation. Il existe des processus dans lesquels il n’est pas clair s’il a joué un rôle quelconque. »
Isak Svensson, professeur au Département de recherche sur la paix et les conflits de l’Université d’Uppsala
Il prend l’exemple de l’accord de cessez-le-feu entre le Pakistan et l’Inde, où, selon lui, les États-Unis n’ont eu qu’un rôle marginal.
Svensson met également en doute la pérennité et l’efficacité des accords obtenus sous l’égide de Trump, soulignant qu’ils évitent souvent de s’attaquer aux causes profondes des conflits.
Åsard partage ce scepticisme, estimant qu’il est encore trop tôt pour évaluer les initiatives de médiation de l’ancien président américain.
Quant à savoir qui pourrait bien remporter le prix Nobel de la paix, Svensson suggère que le Comité pourrait choisir de récompenser des acteurs moins médiatisés, mais dont le travail est essentiel, comme les tribunaux pénaux internationaux qui luttent contre les crimes de guerre et tentent de résoudre les conflits en cours. Il souligne l’importance de reconnaître ces efforts dans un contexte mondial marqué par une recrudescence des violences.
