Home SantéIl est temps de remédier aux lacunes de la santé numérique, déclare le cardiologue préventif Dr Pratiksha Gandhi, par Anusha Ashwin @Ashwin_anusha

Il est temps de remédier aux lacunes de la santé numérique, déclare le cardiologue préventif Dr Pratiksha Gandhi, par Anusha Ashwin @Ashwin_anusha

by Sophie Martin

La pandémie de COVID-19 a agi comme un catalyseur pour l’adoption de la télémédecine et des technologies numériques en santé, une évolution que les experts estiment essentielle pour améliorer l’accès aux soins et réduire les coûts, notamment face à la prévalence croissante des maladies non transmissibles en Inde.

Selon le Dr Pratiksha Gandhi, cardiologue préventive de renom, les maladies non transmissibles (MNT) – maladies cardiovasculaires, affections respiratoires chroniques, cancers et diabète – sont responsables d’environ 5,87 millions de décès en Inde, soit 60 % du total. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que ces maladies représentent 82 % de tous les décès liés aux MNT dans le pays.

« L’objectif de l’OMS a toujours été de placer la santé des individus entre leurs mains », souligne le Dr Gandhi. « Il est donc essentiel que chaque citoyen ait accès aux soins et participe à son propre bien-être. » Elle insiste sur le rôle crucial des centres de soins de santé primaires et des agents de santé de proximité dans la diffusion des connaissances en matière de prévention.

Si la télémédecine était déjà évoquée depuis deux décennies, son adoption restait limitée. La pandémie a radicalement changé la donne, forçant patients et médecins à se tourner vers les solutions numériques. « Cette pandémie a provoqué quelque chose d’incroyable qui a révolutionné les soins de santé de façon permanente », explique le Dr Gandhi. « Les gens se sont ouverts à la technologie et aux visites virtuelles ont commencé à connaître du succès. »

Le suivi numérique des comportements sains, les appareils portables et les applications de surveillance des maladies chroniques sont désormais des outils indispensables pour la prévention. L’application Arogya Setu, développée pendant la pandémie, est citée comme un exemple réussi d’innovation en santé publique.

Cependant, le Dr Gandhi met en garde contre les défis liés à la protection des données des patients. « Les données des patients sont aussi précieuses que l’or ou le pétrole », affirme-t-elle, soulignant la nécessité de réglementations strictes pour garantir la qualité des services et préserver la confidentialité. Elle insiste également sur l’importance de trouver un équilibre entre l’efficacité technologique et l’aspect humain de la relation médecin-patient, en veillant à ne pas négliger l’empathie.

Concernant l’accès aux soins dans les zones rurales et isolées, le Dr Gandhi se montre optimiste quant au potentiel des partenariats public-privé et de la télémédecine, facilités par l’expansion rapide du réseau de télécommunications en Inde. Elle note que le gouvernement a fait des progrès significatifs dans l’amélioration des infrastructures de santé au cours des cinq dernières années, notamment avec la mise en place d’un portail santé national.

Enfin, le Dr Gandhi estime que les technologies numériques peuvent contribuer à réduire les coûts des soins de santé, notamment en diminuant les déplacements et en offrant des alternatives moins coûteuses. Elle souligne toutefois la nécessité de réglementer le secteur pour éviter que la recherche de profits rapides ne compromette la qualité des soins.

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