Home Monde“Il ne l’a pas remarqué.” Trump tend la main au Groenland

“Il ne l’a pas remarqué.” Trump tend la main au Groenland

by Clara Dubois

Publié le 5 janvier 2026 14h22. Donald Trump réaffirme son intérêt pour le Groenland, insistant sur l’importance stratégique de l’île pour la sécurité américaine, tout en minimisant les investissements danois dans la région.

  • Donald Trump estime que les États-Unis « ont absolument besoin » du Groenland, une rhétorique centrée uniquement sur la sécurité.
  • Le président américain minimise les efforts du Danemark en matière de sécurité dans la région, évoquant de manière dépréciative l’ajout d’un « traîneau à chiens ».
  • Copenhague a en réalité considérablement augmenté ses dépenses de défense dans l’Arctique, pour un total de plus de 6,6 milliards de dollars (42 milliards de couronnes danoises) en 2025.

Donald Trump a relancé son intérêt pour le Groenland, exprimant une fois de plus son désir de voir l’île intégrée aux États-Unis. Dans une interview accordée au magazine The Atlantic, le président américain a affirmé que son pays avait « absolument besoin » du Groenland, une déclaration qui intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes dans l’Arctique.

Cette nouvelle offensive verbale de Trump diffère de ses précédentes tentatives d’acquisition du Groenland, selon Mikkel Runge Olesen, analyste principal à l’Institut danois d’études internationales (DIIS). « Auparavant, la rhétorique de Trump concernant le Groenland concernait à la fois l’économie et la sécurité. Maintenant, il ne s’agit plus que d’une question de sécurité », explique-t-il à Wirtualna Polska.

Le président américain a notamment critiqué les efforts du Danemark pour assurer la sécurité du Groenland, se moquant du fait que, selon lui, Copenhague n’aurait fait que « rajouter un traîneau à chiens ». Cette affirmation ignore les investissements substantiels réalisés par le Danemark dans la région, notamment une augmentation de ses dépenses de défense de 4,2 milliards de dollars (31 milliards de couronnes danoises) d’ici octobre 2025, couvrant les régions de l’Arctique et de l’Atlantique Nord, y compris le Groenland. Le Danemark prévoit également d’augmenter sa flotte d’avions F-35A à 43 appareils, pour un coût supplémentaire de 4,5 milliards de dollars (33 milliards de couronnes danoises).

En décembre dernier, Washington a également approuvé la vente d’avions de patrouille P-8 Poseidon au Danemark, pour un montant de 1,8 milliard de dollars (13,5 milliards de couronnes danoises). Au total, les dépenses danoises en matière de défense dans la région devraient dépasser les 6,6 milliards de dollars (42 milliards de couronnes danoises) en 2025.

« Les problèmes de sécurité des États-Unis sont l’un des rares domaines dans lesquels le Danemark sera réellement en mesure d’agir. Notre gouvernement s’est donc attaché à plaire aux États-Unis. Trump ne semble pas le remarquer », souligne l’analyste.

Par ailleurs, Trump a affirmé que le Groenland était encerclé par des unités chinoises et russes, une allégation qui n’est pas étayée par des preuves. Olesen précise que les préoccupations américaines pourraient être liées à la nécessité d’un système de détection des sous-marins susceptibles de passer entre le Groenland et l’Islande. Copenhague est consciente de ces menaces et a justement investi dans des avions P-8 spécialisés dans la recherche de sous-marins.

La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a réagi aux propos de Trump dans un communiqué publié dimanche, appelant les États-Unis à cesser leurs menaces contre le Danemark et le Groenland.

« J’appelle vivement les États-Unis à cesser leurs menaces contre un allié historiquement proche (le Danemark) et un autre pays et nation (le Groenland) qui ont clairement fait savoir qu’ils n’étaient pas à vendre »,

Mette Frederiksen, Première ministre danoise

Elle a rappelé que le Danemark, et donc le Groenland, est membre de l’OTAN et bénéficie des garanties de sécurité de l’Alliance. « Nous avons déjà aujourd’hui un accord de défense entre le Royaume du Danemark et les États-Unis qui donne aux États-Unis un large accès au Groenland, et nous avons investi des ressources importantes dans la sécurité de l’Arctique », a-t-elle souligné.

Le Premier ministre groenlandais, Jens Frederik Nielsen, s’est également fermement opposé aux déclarations de Trump, dénonçant sur Facebook des « pressions, insinuations et fantasmes d’annexion ».

« Quand le président des États-Unis dit ‘nous avons besoin du Groenland’ et nous lie au Venezuela et à l’intervention militaire (américaine), ce n’est pas seulement inapproprié, c’est irrespectueux »,

Jens Frederik Nielsen, Premier ministre groenlandais

Tomasz Waleński, journaliste de Wirtualna Polska.

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