Publié le 9 janvier 2026 à 18h10. Des chercheurs coréens ont identifié les cellules à l’origine d’une forme courante de tumeur cérébrale chez les jeunes adultes, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de diagnostic précoce et de traitement.
- Les gliomes mutés par IDH, une tumeur cérébrale fréquente chez les moins de 50 ans, proviennent de cellules progénitrices gliales (CPG) présentes dans le tissu cérébral sain.
- Cette découverte révèle que ces tumeurs ne se développent pas soudainement, mais progressent lentement à partir de cellules normales du cerveau.
- Une startup issue du KAIST développe un médicament à base d’ARN pour cibler ces cellules et prévenir la récidive.
L’Institut avancé des sciences et technologies de Corée (KAIST) a réalisé une avancée significative dans la compréhension des gliomes mutés par IDH, une tumeur cérébrale particulièrement agressive touchant les jeunes adultes. Jusqu’à présent, les traitements se concentraient sur l’ablation de la masse tumorale visible, mais restaient souvent inefficaces en raison d’un taux de récidive élevé.
L’équipe de recherche a découvert que les cellules cérébrales normales acquièrent la mutation IDH bien avant la formation d’une tumeur détectable. Ces cellules mutées, les cellules progénitrices gliales (CPG), se propagent dans le cortex cérébral, suggérant une phase précoce de développement de la maladie. Cette découverte ouvre des perspectives pour un diagnostic plus précoce et des traitements plus efficaces.
Grâce à une analyse minutieuse des tissus tumoraux et du cortex cérébral adjacent, les chercheurs ont identifié la présence de ces cellules d’origine porteuses de la mutation IDH dans des zones apparemment saines. Ils ont ensuite confirmé, grâce à la « transcriptomique spatiale », une technologie d’analyse de pointe, que ces cellules étaient bien des CPG situées dans le cortex cérébral.
Pour valider leurs résultats, l’équipe a réussi à reproduire le développement de la tumeur cérébrale dans un modèle animal en introduisant la même mutation génétique dans les CPG de souris.
LES TUMEURS CÉRÉBRALES POURRAIENT NE PAS NAÎTRE DANS LA MASSE VISIBLE
Cette étude s’inscrit dans la continuité des recherches menées par l’équipe du KAIST depuis 2018. En 2018, ils avaient déjà démontré que le glioblastome de type sauvage IDH, une autre forme de cancer du cerveau, ne provenait pas de la tumeur elle-même, mais de cellules souches neurales situées dans la zone sous-ventriculaire.
La recherche actuelle précise que, bien que le glioblastome de type sauvage IDH et le gliome muté par IDH soient tous deux des cancers du cerveau, leurs cellules d’origine et leurs mécanismes de développement sont distincts. Cela souligne l’importance d’adapter les stratégies de diagnostic et de traitement en fonction du type spécifique de tumeur.
« Les tumeurs cérébrales pourraient ne pas commencer exactement là où la masse tumorale est visible. Une approche ciblée des cellules d’origine et du site d’origine en fonction du sous-type de tumeur cérébrale servira de clé cruciale pour changer le paradigme du diagnostic précoce et du traitement anti-récidive. »
Seok-Gu Kang, professeur et auteur co-correspondant
Sur la base de ces découvertes, Sovagen, une startup issue du KAIST, développe un nouveau médicament à base d’ARN pour freiner la progression et la récidive des gliomes mutés par IDH. Parallèlement, l’hôpital Severance travaille sur des technologies permettant de détecter et de surveiller les cellules mutantes précoces dans les tumeurs cérébrales réfractaires, dans le cadre d’un projet de recherche collaboratif entre la Corée et les États-Unis.