Home SantéIls identifient un mécanisme génétique clé dans la réplication du virus de la grippe aviaire

Ils identifient un mécanisme génétique clé dans la réplication du virus de la grippe aviaire

by Sophie Martin

Publié le 30 novembre 2025 à 20h09. Des chercheurs ont identifié un mécanisme génétique qui permet au virus de la grippe aviaire de résister à la fièvre, une découverte cruciale pour comprendre son potentiel de propagation et d’adaptation chez l’homme.

  • La capacité du virus de la grippe aviaire à survivre à des températures élevées, similaires à celles observées lors de la fièvre humaine, suscite l’inquiétude de la communauté scientifique.
  • Une équipe internationale de chercheurs a découvert que le gène PB1 joue un rôle central dans cette résistance thermique.
  • Cette avancée pourrait aider à anticiper les risques pandémiques liés à la grippe aviaire et à développer des stratégies de prévention plus efficaces.

La grippe aviaire, une infection virale qui affecte principalement les oiseaux, peut dans certains cas se transmettre à l’homme. La communauté scientifique s’intéresse de près à sa capacité à résister à des températures élevées, notamment celles induites par la fièvre, car cela pourrait faciliter sa propagation chez l’homme. Des chercheurs des universités de Cambridge et d’Oxford, ainsi que d’institutions aux États-Unis et en Australie, ont récemment mis en lumière le mécanisme génétique responsable de cette tolérance surprenante.

Leur étude, publiée dans la revue Science, révèle que le gène PB1 est essentiel. Ce composant génétique permet aux virus aviaires de se multiplier dans des environnements plus chauds que ceux favorables aux virus de la grippe humaine. Cette découverte permet de mieux comprendre pourquoi la grippe aviaire peut conserver son agressivité même en présence de fièvre.

L’équipe de recherche, dirigée par Matt Turnbull et Sam Wilson, a utilisé des modèles murins pour analyser l’impact de la fièvre. Les tests ont consisté à augmenter la température ambiante afin d’élever la température corporelle des animaux. Ils ont comparé l’évolution de deux variantes du virus de la grippe A : une adaptée à l’homme et une autre modifiée avec le gène PB1 d’origine aviaire.

Les résultats ont montré que la fièvre réduisait la gravité de l’infection avec le virus humain. En revanche, lorsqu’ils étaient infectés par le variant porteur du gène aviaire PB1, la fièvre n’avait plus d’effet bénéfique. Les animaux présentaient des symptômes graves et le virus continuait de se répliquer efficacement.

Les chercheurs ont constaté que le gène PB1 permet au virus de la grippe aviaire de maintenir sa capacité de réplication même lorsque la température corporelle est élevée. Ce gène spécifique permet au virus de produire de nouvelles particules virales dans des conditions de stress thermique qui inhiberaient normalement la réplication du virus humain. Ils ont également observé que l’introduction du gène PB1 dans un virus humain lui conférait une résistance notable aux températures élevées.

Il est important de noter que des pandémies passées, comme celles de 1957 et 1968, ont été précédées de l’intégration du gène PB1 aviaire dans les virus humains, augmentant ainsi leur pathogénicité. Au vu de ces résultats, les chercheurs recommandent une surveillance étroite de la génétique des virus aviaires afin d’anticiper les risques potentiels pour la santé publique.

Ils soulignent la nécessité de surveiller les variants zoonotiques et leur capacité à résister à la fièvre. Ils avertissent que, bien que la fièvre soit généralement considérée comme bénéfique dans la lutte contre les infections, elle pourrait ne pas suffire dans le cas de la grippe aviaire. Des recherches supplémentaires sont nécessaires chez l’homme avant de modifier les recommandations concernant l’utilisation de médicaments contre la fièvre dans les cas d’infection par ce virus.

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