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Ils n’ont pas attrapé les voleurs pendant 30 secondes

by Clara Dubois

Publié le 10 décembre 2025 13:40:00. Une enquête administrative révèle que le vol spectaculaire de bijoux au Louvre, survenu le 19 octobre dernier, aurait pu être évité si les alertes avaient été déclenchées plus rapidement et si les failles de sécurité du musée avaient été corrigées.

  • Les forces de l’ordre ou le personnel de sécurité du Louvre auraient pu empêcher la fuite des voleurs dans les 30 secondes suivant le début du cambriolage.
  • L’enquête met en évidence un enchaînement de faiblesses, notamment un manque de coordination, des équipements de sécurité obsolètes et une sous-estimation des risques.
  • Les quatre auteurs présumés du vol ont été arrêtés, mais le butin, estimé à une valeur inestimable, n’a pas encore été retrouvé.

Le cambriolage du Louvre, qui a vu le vol de huit joyaux de la couronne française, a mis en lumière de graves lacunes dans la sécurité du musée, selon les conclusions d’une enquête administrative présentée le 5 novembre. Noël Corbin, chef de l’Inspection générale des affaires culturelles, a déclaré devant la commission Culture du Sénat que les voleurs auraient pu être interceptés dans les 30 secondes suivant le début de leur action.

« Pendant environ 30 secondes, les agents de sécurité ou les agents de police auraient pu empêcher la fuite des voleurs. »

Noël Corbin, chef de l’Inspection générale des affaires culturelles

Corbin a reconnu qu’il était facile de faire ce constat a posteriori, mais a souligné que ces « 30 précieuses secondes » auraient pu être gagnées si l’alerte avait été donnée plus tôt, ce qui n’a pas été possible en raison de l’insuffisance des équipements de sécurité, ou si les fenêtres de la galerie Apollo avaient offert une plus grande résistance.

L’enquête révèle un « enchaînement de fragilités » affectant le Louvre depuis des années. L’âge des installations, une sous-estimation chronique des risques de vol et un manque de coordination sont pointés du doigt. Le nombre de caméras de surveillance extérieures est jugé « très insuffisant », avec seulement une caméra opérationnelle permettant de visualiser les préparatifs de l’assaut, et encore, avec une qualité d’image médiocre.

Un autre problème majeur est l’absence d’un poste centralisé permettant de visualiser simultanément toutes les images des caméras de sécurité. Ainsi, les images des voleurs au début de leur opération, qui n’a duré que 7 à 8 minutes, n’ont pas été visionnées en direct. De plus, les dispositifs mécaniques de sécurité étaient défaillants, avec une résistance « extrêmement faible » des fenêtres de la galerie Apollo.

La réaction des forces de l’ordre a également été critiquée. L’enquête révèle un manque de coordination dans le déclenchement de l’alerte et des instructions imprécises transmises à la police, qui s’est initialement dirigée vers la zone de l’arc de triomphe du Carrousel au lieu du point d’évasion des voleurs.

Malgré ces défaillances, l’intervention rapide des équipes de sécurité du musée et de la police a empêché les voleurs de faire disparaître les preuves de leur fuite. Cette réactivité a été déterminante dans l’arrestation, dans les semaines qui ont suivi, des quatre auteurs présumés du cambriolage et de certains de leurs complices. Cependant, le butin, composé de huit joyaux de la couronne française d’une valeur patrimoniale inestimable, n’a pas encore été récupéré.

L’enquête souligne également un retard important dans la mise en œuvre d’un nouveau plan général de sécurité. Lancé après un audit en 2017, ce plan a été jugé trop peu ambitieux en 2021, après le changement de direction du Louvre, et a dû être largement revu. Par ailleurs, les investissements dans la sécurité ont été considérablement réduits en 2022, 2023 et 2024.

Enfin, l’enquête met en évidence des problèmes de transmission des informations clés au sein de l’institution, notamment lors du transfert de responsabilités en 2021 entre l’ancienne équipe dirigeante, dirigée par Jean-Luc Martinez, et l’actuelle, dirigée par Laurence des Cars. Un manque de système de classement approprié a empêché les dirigeants actuels de prendre connaissance de rapports de sécurité importants, comme un audit réalisé en 2019 par Van Cleef & Arpels qui avait identifié avec précision le risque posé par le balcon donnant sur la Seine, utilisé comme voie d’entrée lors du cambriolage.

Les responsables de l’enquête administrative ont exprimé leur surprise face au dysfonctionnement général du musée, tout en soulignant qu’il n’y a pas eu de « mauvaise foi » de la part des différents acteurs, mais plutôt une accumulation de dysfonctionnements ayant conduit à une situation critique.

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