Mis à jour le 9 décembre 2025 à 16h00. Une nouvelle étude révèle que l’activité physique pourrait détourner l’énergie des cellules cancéreuses vers les muscles, offrant ainsi un mécanisme expliquant comment l’exercice contribue à réduire le risque de cancer.
- L’exercice physique peut ralentir la croissance tumorale en modifiant le métabolisme énergétique.
- Des traceurs moléculaires ont permis de constater que les souris actives dirigent le glucose vers les muscles plutôt que vers les cellules cancéreuses.
- Les résultats suggèrent que le glucose joue un rôle clé dans l’effet protecteur de l’exercice contre le cancer.
Des chercheurs de l’Université de Yale ont mené une étude approfondie sur les réponses métaboliques de souris atteintes de cancer du sein ou de mélanome. L’objectif était de comprendre comment l’activité physique pouvait influencer la progression de la maladie. Les souris ont été réparties en différents groupes en fonction de leur régime alimentaire et de leur niveau d’exercice.
Grâce à l’utilisation de traceurs moléculaires – des substances permettant de suivre le cheminement des molécules, comme le glucose, dans l’organisme – les scientifiques ont pu observer où le glucose était métabolisé. Ils ont constaté que les souris actives dirigeaient l’énergie et le carburant loin des cellules cancéreuses et vers les muscles, favorisant ainsi leur développement.
Après quatre semaines, les souris obèses ayant pratiqué régulièrement de l’exercice sur une roue de course présentaient des tumeurs significativement plus petites que celles suivant le même régime mais restant sédentaires. Les chercheurs ont rapporté que près de 60 % des souris actives avaient des tumeurs réduites. L’analyse a également révélé des modifications dans l’expression de 417 gènes liés au métabolisme, indiquant que les tumeurs entraient dans un état de stress intense.
« Chez les souris obèses qui ont volontairement couru sur une roue pendant quatre semaines après l’injection de la tumeur, près de 60 pour cent avaient des tumeurs plus petites. »
Chercheurs de l’Université de Yale
L’étude met en évidence le rôle crucial du glucose dans ce processus. L’exercice semble réduire l’activité d’une protéine appelée mTOR dans les tumeurs, ce qui pourrait limiter leur croissance. Cette découverte ouvre des perspectives intéressantes pour la recherche de nouveaux traitements.
Il est important de noter que ces résultats ne signifient pas que l’exercice à lui seul peut prévenir le cancer. Le cancer est une maladie complexe impliquant de multiples facteurs. Cependant, l’activité physique peut jouer un rôle important dans la réduction du risque de développement de la maladie et dans l’amélioration des chances de succès des traitements.
Les chercheurs ont également observé que les souris obèses ayant fait de l’exercice pendant deux semaines avant l’implantation des tumeurs avaient également des tumeurs plus petites. Cela souligne l’importance d’une approche globale et nuancée des effets métaboliques de l’exercice sur le cancer.
Les scientifiques soulignent que les mécanismes observés semblent être similaires pour différents types de tumeurs, ce qui suggère que les bienfaits de l’exercice pourraient être généralisables à différents cancers.
Des études supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces processus se produisent également chez l’homme et pour mieux comprendre comment l’exercice peut être utilisé de manière optimale pour prévenir et traiter le cancer. Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs recherches sur des tumeurs humaines, en étudiant différents types d’exercice et leur durée.
« La recherche sur le rôle de la forme physique dans les voies moléculaires affectées par l’exercice pourrait conduire à de nouvelles cibles thérapeutiques en oncologie de précision, en particulier pour les patients qui ne peuvent pas tolérer l’exercice. »
Chercheurs de l’Université de Yale
Pour en savoir plus sur les recherches récentes en matière de cancer, vous pouvez consulter cet article sur la propagation des cellules cancéreuses, cette étude sur l’incidence du cancer chez les moins de 50 ans, ou cet article sur un test sanguin capable de détecter plusieurs types de cancer.
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