Publié le 6 décembre 2023 22:05:00. L’Irlande et la France ont ouvert des enquêtes après la détection de drones non identifiés au-dessus de leurs territoires, soulevant des inquiétudes quant à une possible ingérence étrangère, notamment de la Russie. Ces incidents interviennent dans un contexte de multiplication d’observations similaires à travers l’Europe.
- Des drones ont été repérés au moment de l’arrivée du président ukrainien Volodymyr Zelensky à Dublin.
- Une base navale française abritant des sous-marins nucléaires a également été survolée.
- Les autorités européennes suspectent la Russie d’être à l’origine de certaines de ces incursions.
Les autorités irlandaises et françaises ont lancé des investigations suite à deux incidents distincts impliquant des drones non identifiés survenus cette semaine. Lundi soir, plusieurs drones ont été détectés au-dessus de la côte de Dublin alors que l’avion transportant le président ukrainien Volodymyr Zelensky se préparait à atterrir pour sa première visite officielle en Irlande. L’incident a immédiatement suscité l’inquiétude des services de sécurité.
Jeudi soir, c’est une base navale française sur la côte atlantique, qui abrite des sous-marins équipés de missiles balistiques nucléaires, qui a été survolée par des drones. Selon le parquet français, aucun des appareils n’a été abattu et l’origine de ces vols reste inconnue. Une enquête est en cours pour déterminer les motivations de ces sur vols.
Ces incidents s’inscrivent dans une série d’observations inexpliquées qui se multiplient dans plusieurs pays européens depuis le mois de septembre. Certains de ces drones ont perturbé le trafic aérien civil, tandis que d’autres ont survolé des bases aériennes et d’autres installations militaires sensibles. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié cette vague d’incursions de « guerre hybride“.
Les autorités européennes suspectent la Russie d’être à l’origine d’au moins certains de ces incidents, mais aucun drone n’a pour l’instant été récupéré ou abattu. Le président russe Vladimir Poutine a minimisé ces accusations.
Le procureur français Frédéric Teillet a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’aucun lien avec une ingérence étrangère n’avait été établi pour le moment. Il a précisé que les marines françaises présentes sur la base de l’Île Longue, dans le nord-ouest de la France, avaient utilisé un brouilleur pour tenter de neutraliser les drones. La ministre française de la Défense, Catherine Vautrin, a confirmé sur TF1 qu’une enquête était en cours pour déterminer la raison de ces sur vols. Elle a rappelé que les vols de drones sont interdits sur la presqu’île de Crozon, où se trouve cette base sous-marine et d’autres infrastructures militaires.
La police irlandaise a indiqué à CNN qu’une unité spéciale de détectives enquêtait et collaborait avec les forces de défense et les partenaires internationaux en matière de sécurité. Un conseiller du président Zelensky, Dmytro Lytvyn, a déclaré que les autorités ukrainiennes avaient été informées de la présence des drones, mais qu’aucune action n’avait été jugée nécessaire, estimant que la sécurité relevait de la responsabilité des autorités irlandaises.
« La fête hôte est responsable de la sécurité »,
Dmytro Lytvyn, conseiller du président Zelensky
Plusieurs observations de drones ont eu lieu près des côtes de la mer Baltique et d’autres pays européens, alimentant les spéculations sur l’utilisation de navires comme plateformes de lancement par la Russie. Le journal Reuters avait précédemment rapporté qu’un pétrolier russe, le Boracay, faisait l’objet d’une enquête après avoir été repéré à proximité de Copenhague au moment où l’aéroport de la ville avait dû être fermé en raison de l’activité de drones le 22 septembre. Le navire a également été observé naviguant le long de la côte ouest du Danemark le 24 septembre, alors que des drones étaient signalés au nord d’Esbjerg et à proximité de plusieurs aéroports. Le Kremlin a affirmé ne pas avoir d’informations sur ce navire, tout en soulignant que les forces armées russes étaient parfois amenées à intervenir pour rétablir l’ordre face à des actions de provocation.
Le Boracay a ensuite été arraisonné par les autorités françaises et son capitaine chinois a été accusé de ne pas avoir fourni la preuve de la nationalité du navire et de ne pas avoir respecté les ordres.
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