Publié le 8 janvier 2024 23:48:00. Les tentatives de Julio De Vido et Lázaro Báez, figures centrales des scandales de corruption liés aux gouvernements Kirchner, de sortir de prison ont essuyé un refus ce jeudi, confirmant leur maintien en détention.
- La Chambre de cassation pénale a rejeté l’appel de Julio De Vido demandant son assignation à résidence.
- Un juge avait précédemment estimé que l’état de santé de De Vido ne justifiait pas une sortie de prison, malgré son âge et ses pathologies.
- La demande de Lázaro Báez de bénéficier d’une assignation à résidence a également été rejetée par la même chambre.
La justice argentine a une nouvelle fois refusé de libérer Julio De Vido, ancien ministre du Plan, et Lázaro Báez, homme d’affaires controversé, impliqués dans plusieurs affaires de corruption. La décision, rendue par la Chambre de cassation pénale, met fin à une nouvelle tentative de ces deux figures emblématiques de l’ère Kirchner d’échapper à la détention.
Dans le cas de Julio De Vido, la chambre a confirmé la décision du Tribunal pénal fédéral n°4, qui avait rejeté sa demande d’assignation à résidence. Les juges Javier Carbajo et Guillermo Yacobucci ont estimé que les rapports médicaux et pénitentiaires fournis justifiaient amplement le maintien en prison de l’ancien ministre. Ils ont souligné que, malgré son âge (plus de 70 ans) et ses problèmes de santé chroniques, il n’était pas démontré que son incarcération était incompatible avec le respect de sa dignité humaine, ni que le Service Pénitentiaire Fédéral était incapable de lui fournir les soins nécessaires.
Le juge Mariano Borinsky s’est cependant opposé à cette décision, proposant d’accorder l’assignation à résidence à De Vido, assortie d’une surveillance électronique. Il a argumenté que le tribunal d’origine n’avait pas suffisamment pris en compte les risques que l’emprisonnement pouvait représenter pour une personne âgée et souffrant de multiples maladies.
Cette décision concerne l’affaire de la tragédie ferroviaire d’Once, où De Vido a été condamné à quatre ans de prison (4 ans) pour administration frauduleuse. Le drame, survenu sur la ligne de Sarmiento, avait causé la mort de 52 personnes. Le juge Ricardo Basilico, du TOF 4, avait initialement rejeté la demande d’assignation à résidence de De Vido le 23 décembre, après avoir examiné ses antécédents médicaux. Il avait décidé de maintenir l’ancien ministre incarcéré à la colonie pénitentiaire 19 d’Ezeiza, à proximité de la prison à sécurité maximale.
Parallèlement, la Chambre fédérale de cassation a également rejeté le recours présenté par la défense de Lázaro Báez, qui purge une peine unifiée de 15 ans de prison dans les affaires dites de la « Route de l’argent K » et de « Vialité ». Les juges Ángela Ledesma et Javier Carbajo ont estimé qu’il n’existait aucune circonstance exceptionnelle justifiant un assouplissement de son régime de détention, malgré les arguments liés à son état de santé et à sa situation personnelle.
Le juge Borinsky s’est à nouveau prononcé en faveur d’une assignation à résidence pour Báez, qui souhaitait retourner dans sa maison à El Calafate, face au lac Argentino. Les juges Carbajo et Ledesma ont cependant souligné que Báez avait été condamné pour des délits contre l’administration publique et pour blanchiment d’argent, et que ses pathologies étaient prises en compte par le système pénitentiaire.
Dans son vote dissident, Borinsky a insisté sur l’âge de Báez (proche de ses 70 ans) et sur sa grave situation médicale, notamment des complications respiratoires récentes. Il a également évoqué les droits des enfants de la compagne actuelle de Báez, Claudia Insaurralde, soulignant la nécessité de protéger leur intérêt supérieur. Selon lui, une assignation à résidence, sous contrôle strict, permettrait de mieux protéger ces droits sans compromettre les objectifs de la peine.
