Home AffairesIndex – Tech-Science – En termes de connaissances, ceux qui ne violent pas cela sont voués à la mort

Index – Tech-Science – En termes de connaissances, ceux qui ne violent pas cela sont voués à la mort

by Amélie Bernard

Publié le 10 janvier 2026. Bosch investit massivement dans l’intelligence artificielle, une stratégie qui se traduit concrètement par la formation de 100 000 employés aux nouvelles technologies et l’introduction du système Google Workplace basé sur le modèle de langage Gemini, avec pour objectif d’accroître la productivité dans tous les secteurs de l’entreprise.

  • Bosch a formé 100 000 employés à l’utilisation de nouvelles technologies et implémente Google Workplace avec Gemini.
  • L’entreprise développe des capteurs avancés pour les mains robotiques, visant à améliorer la dextérité et la précision des robots humanoïdes.
  • L’IA sera intégrée aux produits Bosch, des appareils de cuisine connectés aux systèmes de direction automobile de nouvelle génération.

L’ambition de Bosch est de faire de l’intelligence artificielle un pilier de son développement, non seulement dans ses produits mais aussi dans ses processus internes. L’entreprise hongroise joue un rôle clé dans cette transformation, notamment grâce à ses équipes d’ingénieurs spécialisés dans le développement de capteurs.

István Szászi a mis en avant les avancées récentes de Bosch au CES de Las Vegas, notamment en matière de capteurs pour mains robotiques. Selon lui, la question n’est plus de savoir si des robots humanoïdes apparaîtront, mais plutôt de disposer des technologies nécessaires pour les intégrer efficacement dans notre quotidien, que ce soit dans le domaine des soins, des tâches ménagères ou de l’agriculture.

Le défi majeur réside dans la complexité de la main humaine, avec ses mouvements tridimensionnels combinant rotation et différents types de mouvements. Jusqu’à présent, la robotique se limitait à des « pinces » simplifiées, mais les nouveaux capteurs de pression et les unités de mesure inertielles (accéléromètre, gyroscope, capteur de champ magnétique) ouvrent de nouvelles perspectives.

« Si vous devez mettre un objet fragile au lave-vaisselle, il est évidemment très important de ne pas trop le serrer. »

István Szászi

Ces capteurs permettent au robot de mesurer la force exercée sur un objet et de déterminer sa position exacte dans l’espace, ouvrant la voie à des manipulations plus délicates et précises.

Szászi a également souligné la difficulté de transposer la perception à l’action en robotique. Si les systèmes d’IA excellent dans l’interprétation de l’environnement, la mise en œuvre de mouvements fins reste un défi. La solution réside dans la combinaison de données de simulation et de données réelles, grâce à la technologie du jumeau numérique, qui permet d’entraîner le robot à différentes situations avec des données synthétiques.

Concernant les robots humanoïdes, Szászi a précisé que Bosch ne les produit pas directement, mais que la question de la mobilité (bipédie ou roues) est légitime. Les robots à roues sont plus économes en énergie à l’arrêt, tandis que les robots bipèdes peuvent franchir des obstacles comme les escaliers. Le principal obstacle pour les robots bipèdes reste l’autonomie de la batterie, limitée à environ 2 à 3 heures contre 7 à 8 heures pour les robots à roues.

L’IA trouvera également des applications concrètes dans les produits grand public de Bosch, notamment dans le domaine de la cuisine. L’assistant de cuisine basé sur l’IA, présenté au CES, permettra d’optimiser la cuisson des aliments en fonction de leur type, de leur épaisseur et des préférences de l’utilisateur.

« Vous vous épargnerez la courbe d’apprentissage que j’ai traversée avec mes premiers steaks. »

István Szászi

Cette technologie, basée sur de grands modèles de langage entraînés avec de nombreuses recettes, pourrait être disponible sur le marché dès 2026.

Bosch travaille également sur des systèmes de direction et de freinage électriques, qui éliminent la connexion physique entre le volant et les roues, ainsi qu’entre la pédale de frein et le système de freinage. Cette simplification permet de réduire les coûts de fabrication et d’améliorer la maniabilité du véhicule.

« C’est l’entreprise automobile qui gagne le plus grâce à une réduction de la complexité. »

István Szászi

Szászi a conclu en soulignant que la capacité à fabriquer un robot humanoïde témoigne d’une maîtrise technologique globale, comparable à celle nécessaire pour construire une voiture. Il a paraphrasé le commissaire du gouvernement László Palkovics, affirmant que celui qui sait fabriquer une voiture peut tout fabriquer.

Il a également dressé un tableau des cinq principaux défis auxquels l’industrie automobile est confrontée : les conflits géopolitiques, la concurrence chinoise, le ralentissement économique, l’évolution des habitudes de consommation et l’incertitude technologique.

Enfin, Szászi a estimé que la stratégie du gouvernement hongrois en faveur de l’industrie automobile est judicieuse, malgré les risques liés à la forte exposition du pays à ce secteur. Il a souligné l’importance de s’appuyer sur les compétences existantes et de développer de nouvelles technologies, comme la robotique humanoïde.

L’évolution du marché du travail, avec l’essor de l’IA et de la robotique, nécessitera une adaptation des compétences et une reconversion des employés. Szászi a insisté sur la responsabilité des entreprises dans ce processus, en proposant des formations et en accompagnant les employés dans leur transition.

Il a également souligné l’urgence de réformer les cursus universitaires pour les adapter aux nouvelles exigences du marché du travail, notamment en matière d’IA et de robotique.

« C’est urgent maintenant. Vous ne pouvez pas attendre cinq ans pour cela. »

István Szászi

L’apprentissage tout au long de la vie est devenu essentiel pour rester compétitif dans un environnement en constante évolution.

(Photo de couverture : István Szászi, 15 mai 2025. Photo : Tamás Kaszás / Index)

You may also like

Leave a Comment