Mis à jour le 11 octobre 2024 à 18h30. Un spray nasal à base d’azélastine pourrait constituer une nouvelle arme dans la lutte contre les infections respiratoires, notamment la Covid-19, selon une étude récente. Les résultats suggèrent une réduction significative du risque d’infection et une diminution de la durée des symptômes.
- Un spray nasal contenant de l’azélastine a démontré une efficacité notable dans la prévention des infections au SARS-CoV-2 lors d’une étude clinique.
- L’étude a également mis en évidence une réduction des infections causées par d’autres virus respiratoires, en particulier les rhinovirus responsables du rhume.
- Bien que prometteurs, les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études plus vastes pour confirmer ces résultats et évaluer l’efficacité du spray nasal auprès de différents groupes de population.
Des chercheurs de l’hôpital universitaire de la Sarre ont mené une étude de phase II randomisée, en double aveugle et contrôlée par placebo, impliquant 450 adultes en bonne santé entre mars 2023 et juillet 2024. Cette recherche s’appuie sur des découvertes antérieures révélant l’activité antivirale in vitro de l’azélastine contre divers virus respiratoires, dont le SARS-CoV-2. L’objectif était de déterminer si l’administration du spray nasal d’azélastine pouvait effectivement prévenir les infections.
Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe recevant trois fois par jour pendant 56 jours un spray nasal d’azélastine à 0,1 %, et un groupe recevant un placebo. Tous les participants ont été testés deux fois par semaine à l’aide de tests rapides, et en cas de résultat positif, un test PCR a été effectué pour confirmer la présence du SARS-CoV-2. Les personnes présentant des symptômes et un test rapide négatif ont subi des tests PCR multiplex pour identifier d’autres virus respiratoires.
Le critère d’évaluation principal de l’étude était le nombre d’infections confirmées par le SARS-CoV-2 pendant la période d’étude. L’analyse des données a révélé une incidence significativement plus faible des infections au SARS-CoV-2 confirmées par PCR dans le groupe ayant reçu l’azélastine par rapport au groupe placebo. Plus précisément, 5 cas d’infection ont été enregistrés dans le groupe azélastine, contre 15 (2,2 % contre 6,7 % ; rapport de cotes : 0,31) dans le groupe placebo. De plus, la durée avant l’apparition de l’infection était plus longue dans le groupe azélastine (en moyenne 31 jours contre 19 jours).
L’azélastine a également démontré une réduction du nombre d’infections symptomatiques au SARS-CoV-2 (1,8 % contre 6,3 %). L’étude a également observé un effet protecteur contre d’autres agents pathogènes respiratoires, notamment les rhinovirus, dont l’incidence était plus faible chez les participants ayant reçu l’azélastine (1,8 % contre 6,3 %). Globalement, le groupe ayant reçu l’azélastine a présenté moins d’infections confirmées en laboratoire, qu’elles soient dues au SARS-CoV-2 ou à d’autres virus, ce qui s’est traduit par un nombre de jours de maladie auto-déclarés plus faible.
En termes de sécurité, le spray nasal d’azélastine a présenté les effets secondaires connus associés au traitement des allergies, tels qu’un goût amer et de légers saignements de nez, observés un peu plus fréquemment dans le groupe traité. Les effets secondaires graves étaient rares et n’ont pas été jugés liés au traitement.
Ces résultats suggèrent que le spray nasal d’azélastine pourrait représenter une option sûre et facilement accessible pour réduire le risque d’infection au SARS-CoV-2 et à d’autres virus respiratoires, en particulier les rhinovirus. Cependant, les auteurs de l’étude soulignent certaines limites, notamment la taille relativement petite de l’échantillon, le faible nombre global d’infections et le caractère monocentrique de l’étude. Ils notent également que le goût particulier du spray pourrait avoir compromis l’efficacité de l’aveugle.
Étant donné que la quasi-totalité des participants étaient vaccinés, les chercheurs soulignent la nécessité d’évaluer l’efficacité de l’azélastine chez les personnes non vaccinées ou immunodéprimées. Ils recommandent donc la réalisation d’études multicentriques plus vastes pour examiner l’efficacité du spray nasal dans différents groupes de population et contre d’autres agents pathogènes. Résultats de l’étude (1).