Publié le 14 novembre 2025 à 00h59. Jack Schlossberg, petit-fils de John F. Kennedy, se lance dans la course au Congrès dans le 12e district de New York, une candidature qui s’accompagne d’un passé numérique controversé et d’une réflexion sur la manipulation de l’attention à l’ère des réseaux sociaux.
- Jack Schlossberg, 32 ans, candidate au Congrès dans le 12e district de New York.
- Son passé sur les réseaux sociaux, marqué par des publications provocatrices et des mises en scène, suscite l’interrogation.
- Il justifie ses agissements comme une stratégie pour diffuser des informations et contourner les biais des algorithmes.
La dynastie Kennedy semble prête à s’investir à nouveau dans la politique américaine. Jack Schlossberg, le petit-fils de l’ancien président John F. Kennedy, a annoncé sa candidature au Congrès dans le 12e district de New York, un siège actuellement occupé par Jerry Nadler. Cette annonce intervient dans un contexte où l’intérêt pour l’héritage Kennedy reste vif, mais aussi où les codes de la campagne politique sont en pleine mutation.
Ce qui distingue particulièrement Schlossberg, ce n’est pas seulement son nom de famille, mais aussi son parcours numérique. Le jeune homme, comme beaucoup de ses contemporains, a cherché à se faire connaître en ligne, notamment sur TikTok et Instagram. Cependant, ses méthodes se sont avérées pour le moins originales, voire controversées. Il a été impliqué dans des échanges acerbes avec des personnalités publiques, a critiqué publiquement des membres de sa famille, notamment son cousin Robert Kennedy Jr., et a adopté un ton parfois offensant envers les femmes. Il s’est également livré à des performances décalées, comme du skateboard en récitant de la poésie, se positionnant comme un « s-t-poster », un terme désignant une personne qui publie intentionnellement du contenu de mauvaise qualité ou absurde pour attirer l’attention.
Malgré cette image excentrique, Schlossberg affiche des positions politiques relativement conventionnelles, ce qui pourrait en faire un candidat idéal pour succéder à Jerry Nadler. Il a même eu recours à une mise en scène de sa propre mort sur les réseaux sociaux, une stratégie audacieuse pour capter l’attention du public.
Schlossberg justifie ces agissements en expliquant qu’il cherche à contourner les limites de la communication en ligne.
« Internet est une machine à détruire les nuances », a-t-il déclaré. « Il n’y a jamais de place pour qualifier quoi que ce soit. »
Jack Schlossberg
Il poursuit en expliquant sa tactique :
« Si quelqu’un pense que je suis fou parce qu’il a vu une de mes vidéos, cela signifie qu’il a vu une de mes vidéos, ce qui signifie qu’il a obtenu des informations sur l’administration et la politique de Trump qu’il n’aurait peut-être pas obtenues autrement. »
Jack Schlossberg
Cette approche, bien que surprenante, semble trouver un écho auprès d’une partie du public. Elle illustre une tendance plus large à la polarisation et à la recherche de contenus extrêmes sur les réseaux sociaux. Un phénomène qui a été mis en évidence, par exemple, lors de la publication des documents déclassifiés concernant l’assassinat de John F. Kennedy.
En mars 2025, lorsque l’administration Trump a publié les 80 000 documents restants relatifs à l’assassinat de JFK, Internet s’est emballé. Les spéculations les plus folles ont circulé, allant de l’implication de la CIA à celle de la reine d’Angleterre, en passant par des théories impliquant des extraterrestres. Rapidement, des chaînes de diffusion en direct ont émergé, proposant des analyses hâtives et souvent infondées des documents. Une chaîne en particulier a même affirmé que le Mossad était impliqué dans l’assassinat, une allégation sans aucun fondement dans les documents publiés.
Ce cas illustre la course à l’information et la priorité donnée à l’attrait du clic sur la rigueur et la vérification des faits. Les médias traditionnels, malgré leurs défauts, s’efforcent généralement de respecter certaines normes éthiques, comme éviter de sensationnaliser les images les plus choquantes. Les réseaux sociaux, en revanche, sont moins contraints et peuvent facilement être utilisés pour diffuser des informations erronées ou des théories du complot.
Schlossberg a raison de souligner les limites d’Internet, mais il est important de ne pas céder au nihilisme. Il est possible de promouvoir un discours nuancé et responsable en ligne, et il est essentiel de ne pas abaisser indéfiniment les normes. Le monde réel, avec ses frontières et ses règles, finit toujours par rattraper le monde virtuel. Et Jack Schlossberg pourrait bien le découvrir au cours de sa campagne pour le Congrès.
