rupture anthropologique
: c’est par ces mots que le professeur marocain Jamal Eddine Naji a résumé la menace que fait peser l’intelligence artificielle sur l’humanité. L’ancien président d’Orbicom a prononcé ces mots lors d’une conférence à Montréal en octobre 2026, selon les informations publiées par Article19.
C’est l’avertissement formulé par Jamal Eddine Naji, ancien président du réseau international Orbicom des chaires UNESCO en communication. Lors d’une réflexion présentée à Montréal en octobre 2026, le chercheur marocain a souligné que l’impact dépasse le simple cadre technologique.
Quand l’algorithme menace le récit national
Intitulée L’IA, une innovation de rupture anthropologique
, la communication de Jamal Eddine Naji déplace le débat vers l’identité humaine et la souveraineté culturelle.
Le chercheur pointe une menace plus diffuse. Les systèmes d’intelligence artificielle interviennent directement dans la production des connaissances. Ils participent aussi à la fabrication des contenus qui structurent les sociétés, d’après les données rapportées par Article19.
La question de la conscience morale des machines
Les machines reproduisent des raisonnements et appliquent des règles éthiques fixées par leurs concepteurs, mais elles ne possèdent pas de conscience morale.
Jamal Eddine Naji a dirigé la Haute Autorité de la communication audiovisuelle de 2012 à 2018. Pour lui, la question centrale porte sur les valeurs et les intérêts qui guident le développement de ces technologies.
Les limites des cadres éthiques actuels
L’UNESCO a adopté une Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle en 2021. Pourtant, ces principes ne suffisent pas à protéger la diversité culturelle, relève Article19.
Pour préserver les archives et la pluralité des sources historiques, le chercheur estime qu’il faut développer des corpus numériques représentatifs des différentes civilisations. La souveraineté numérique ne se limite donc pas à la maîtrise des infrastructures, mais englobe la capacité des peuples à transmettre leurs propres récits
, conclut Article19.