Publié le 10 décembre 2025 à 20h18. Un financier norvégien critique l’incapacité de la gauche à aborder de manière constructive les questions d’inégalités, estimant que la redistribution des richesses ne résout pas les problèmes de pauvreté.
- Jan Petter Sissener, directeur du fonds spéculatif Sissener Canopus, estime que la gauche norvégienne ne comprend pas les dynamiques des inégalités.
- Les listes fiscales de 2024 ont révélé une augmentation des richesses pour les plus aisés, tandis que la moitié de la population ne possède aucun patrimoine net.
- Sissener propose de supprimer l’impôt sur le revenu en dessous de 400 000 NOK (environ 37 000 €) et de réduire les dépenses publiques.
Jan Petter Sissener s’est exprimé sur le débat entourant les inégalités en Norvège, estimant que les solutions proposées par la gauche sont inefficaces. Selon lui, simplement prélever de l’argent aux plus riches ne se traduit pas par une amélioration du niveau de vie des plus démunis.
« Si nous avions pris l’argent des super riches, les pauvres n’auraient pas été plus riches. »
Jan Petter Sissener, directeur du fonds spéculatif Sissener Canopus
Les chiffres récents des listes fiscales pour 2024 confirment une tendance à l’enrichissement des plus aisés, alors que la moitié de la population norvégienne ne dispose d’aucun patrimoine net, comme le soulignait récemment un article d’E24. Cette situation suscite des critiques de la part des partis de gauche, qui dénoncent un désastre annoncé.
Kirsti Bergstø, dirigeante du parti SV (Parti socialiste de gauche), estime que les plus fortunés dictent le débat fiscal en Norvège. Cependant, Sissener ne partage pas ce point de vue.
L’investisseur et entrepreneur informatique Jens Rugseth partage également ce scepticisme, estimant que le véritable problème réside dans un État excessivement dépensier.
Sissener propose une approche différente, axée sur la réduction de la pression fiscale pour les revenus inférieurs à 400 000 NOK et une diminution des dépenses publiques. Il plaide également pour la suppression de l’impôt sur la fortune sur le fonds de roulement.
Il critique l’attitude de la gauche, qu’il juge peu encline à comprendre les conséquences de ses propositions sur l’économie.
« Il n’est pas du tout juste que les riches aient pu définir le débat. Mais je ne me reconnais pas dans ce que SV propose de toute façon. »
Jan Petter Sissener, directeur du fonds spéculatif Sissener Canopus
Par ailleurs, un certain nombre de milliardaires et d’entrepreneurs norvégiens ont choisi de s’installer en Suisse ces dernières années, fuyant la fiscalité norvégienne. Récemment, l’investisseur Øystein Stray Spetalen a annoncé son intention de s’installer dans l’hôtel de luxe Collina d’Oro Resort à Lugano.
Sissener déplore cette fuite des capitaux et des compétences, estimant que la Norvège a « chassé » bon nombre de ses citoyens les plus riches et les plus intelligents.
Knut Flakk, directeur général des Flakk Gruppen et figure de proue de l’organisation de lobbying Action pour la propriété norvégienne, défend quant à lui la création de richesse et estime qu’il faut accepter que ceux qui prennent des risques puissent s’enrichir.
« Nous devons être autorisés à exprimer nos opinions, que nous soyons riches ou non. Ce que nous avons essayé d’expliquer, c’est comment l’impôt sur la fortune sur le fonds de roulement affecte les entreprises et non les particuliers. Mais la gauche ne comprendra pas cela. »
Knut Flakk, directeur général des Flakk Gruppen
Flakk souligne que 98 % des actifs de son entreprise sont investis dans des activités créatrices de croissance, de développement et d’emplois.
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