Publié le 4 octobre 2025 à 03h11. La Banque de Corée (BOK) observe de près l’évolution du marché immobilier et la consommation intérieure pendant les vacances de Chuseok, une période cruciale qui pourrait influencer sa prochaine décision concernant les taux d’intérêt.
- La BOK attend les indicateurs économiques post-Chuseok pour évaluer l’impact des vacances sur le marché immobilier et la consommation.
- L’augmentation du nombre de voyageurs à l’étranger pourrait freiner la consommation intérieure.
- Les experts penchent pour un maintien des taux d’intérêt en octobre, avec une possible réévaluation en novembre.
Les vacances de Chuseok, qui s’étendent sur sept jours, sont devenues un facteur déterminant dans l’évaluation de la politique monétaire de la Banque de Corée. La BOK s’inquiète particulièrement de l’impact potentiel de cette période sur les prix de l’immobilier et, par conséquent, sur la stabilité financière du pays.
Selon la BOK, il est essentiel d’analyser les données économiques qui seront publiées après la fin des festivités, prévues du 2 au 12 octobre. Les responsables de la banque centrale souhaitent notamment observer l’évolution du marché immobilier, qui pourrait être influencée par les décisions prises par les familles pendant les vacances. Hwang Gun-il, commissaire financier de la BOK, a souligné l’importance de Chuseok lors d’une récente rencontre avec des journalistes :
« Je pense que Chuseok est important. »
Hwang Gun-il, commissaire financier de la Banque de Corée
L’impact sur la consommation intérieure est également un élément clé de l’équation. Les chiffres de l’aéroport international d’Incheon indiquent une augmentation de 11,5 % du nombre de passagers par rapport à l’année précédente, avec une moyenne de 223 000 voyageurs par jour, soit un total de 2 453 000 personnes pendant la période des vacances. Cette forte affluence vers l’étranger pourrait avoir des conséquences négatives sur la consommation locale.
De plus, l’effet des coupons de consommation mis en place par le gouvernement devrait s’estomper progressivement. Le premier cycle de coupons est terminé, et le second offre des avantages moins importants, ce qui pourrait limiter son impact sur les dépenses des ménages. La BOK prévoit d’analyser les données relatives à l’utilisation des cartes de crédit pour évaluer l’évolution de la consommation.
La volatilité des marchés des changes constitue également une source de préoccupation. La fermeture des marchés américains pourrait entraîner des fluctuations importantes des taux de change, qui se répercuteraient ensuite en Corée. Après les précédentes vacances, le taux de change avait augmenté de plus de 20 wons, en raison de facteurs tels que l’annonce de nouveaux produits, le gel des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (FED) et les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump.
Les experts financiers s’attendent à un maintien des taux d’intérêt en octobre. Une enquête menée par la Financial Investment Association auprès de 100 participants au marché obligataire a révélé que 47 % prévoient un statu quo, tandis que 34 % s’attendent à une baisse. Cependant, certains analystes estiment qu’une réévaluation pourrait avoir lieu en novembre.
Citi a cité, dans un récent rapport, le rebond continu des prix des appartements à Séoul, ainsi que les déclarations des responsables de la BOK en faveur d’un resserrement monétaire, comme des facteurs justifiant une prudence accrue. Kim Jin-wook, économiste chez Citi, a déclaré :
« Même si le gouvernement lance de nouvelles mesures en octobre, il devrait éviter de réduire les taux d’intérêt tant que la stabilité des données n’est pas confirmée. »
Kim Jin-wook, économiste chez Citi
Kim Sung-Soo, chercheuse chez Hanwha Investment & Securities, a souligné l’importance de la stabilité financière intérieure, en particulier sur le marché immobilier, pour la BOK :
« Compte tenu de la récente augmentation des prix des logements dans certaines régions, comme Séoul, la BOK devrait se concentrer sur les questions de stabilité financière intérieure, y compris l’immobilier. »
Kim Sung-Soo, chercheuse chez Hanwha Investment & Securities
